LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Définitions du terme "Candidat" dans le Petit Robert de 2003

Les termes du débat 4/44 : "Candidat"

37 min
À retrouver dans l'émission

À sept mois de la présidentielle, le terme le plus évident d’une campagne électorale : "candidat" semble flou entre candidats potentiels, petits candidats et candidats aux primaires. Cette grande fluidité du paysage nous invite à poser la question : qu'est-ce qui fait la légitimité d'un candidat ?

Définitions du terme "Candidat" dans le Petit Robert de 2003
Définitions du terme "Candidat" dans le Petit Robert de 2003 Crédits : Sarah Marx

Après les émissions que nous avons consacrées aux termes « débat », « terrorisme » et «  sécurité » , émissions que vous pouvez réécouter sur notre site ou sur l’application Radio France, nous avançons dans le débat électoral en nous demandant qui peut être candidat, ou candidate à la candidature dans notre démocratie.

Car il n’est pas si évident que cela de se penser comme utile, voire indispensable, dans le fonctionnement de la République. 

D’autant que le parcours pour déposer sa candidature est long et difficile : 

Quels sont les critères de légitimité du candidat : la nomination par un parti, l’onction d’une primaire, la bénédiction d’un sondage ou simplement une campagne médiatique bien orchestrée ? Comment les institutions encadrent-elles les candidatures ? 

Pour cette émission en partenariat avec le journal La Croix , Emmanuel Laurentin et la journaliste Béatrice Bouniol  reçoivent  la juriste Anne Levade et le professeur de sciences politiques Loïc Blondiaux.

Quels sont les principaux changements des sources de légitimité des candidats dans la Vème République ?

"Pendant une longue partie de la Vème République, il apparaissait presque logique que le candidat soit rattaché à un parti, et les quelques candidats qui n'étaient pas issus d'un parti, et qui n'avaient pas la 'légitimité politique' pour emmener une majorité derrière eux, avaient besoin de faire le lien entre différentes formations politiques. Depuis la dernière élection présidentielle, les candidats estiment ne plus avoir besoin d'un lien avec un parti, et vont même jusqu'à nier une affiliation avec l'un d'entre eux. Cela pose un vrai problème aux partis, qui ne sont plus légitimes à désigner les candidats en vue de l'élection, ni même indiquer quel candidat ils soutiendront". Anne Levade

"Les primaires sont un symptôme et une tentative de réponse à l'effacement des partis mais elles remplissent aussi une autre fonction centrale, celle de dégager un leadership lorsqu'un candidat n'émerge pas naturellement. Il faut aussi prendre en compte de plus en plus les sondages : dans cette élection de 2022, on a pour la première fois un parti politique 'Les Républicains' qui commande un sondage et le reconnait comme 'juge de paix', et qui reconnait que c'est la place du candidat dans les sondages qui le rend légitime". Loïc Blondiaux

Est-ce que ces différentes formes de légitimité qui prennent de plus en plus de place dans notre démocratie sont bien accueillies et encadrées par nos institutions politiques ?

"Est-ce que l'élection présidentielle et les candidatures qu'elle génère posent des difficultés au regard des exigences démocratiques contemporaines ? J'ai tendance à dire que la constitution de la Vème République n'est plus ou moins parfaite que les autres, je trouve qu'elle a des vertus. par ailleurs, je crois qu'il ne faut pas s'imaginer que la personnalisation du pouvoir soit moins forte dans d'autres régimes politiques comme le régime parlementaire anglais par exemple". Anne Levade

"Il y a une inertie de nos institutions qui fait obstacle à un vrai changement politique mais de fait, la constitution de la Vème République, et la manière avec laquelle elle a évolué : l'hypertrophie du pouvoir présidentiel, nous éloigne beaucoup d'un idéal démocratique dans lequel il y aurait une pluralité d'acteurs qui participeraient au processus de décision, une pluralité de légitimités. Il y a une culture politique qui s'est imposée en France qui infantilise le débat publique". Loïc Blondiaux

Intervenants
  • Professeure de droit public à l'université Paris I panthéon-Sorbonne, présidente de l’Association française de droit constitutionnel
  • Professeur de sciences politiques à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste des questions de démocratie et de participation citoyenne
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......