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Graffiti dans les rues de Beyrouth, 2011

Liban, un système confessionnel au bord de l’implosion ?

49 min
À retrouver dans l'émission

Une citoyenneté libanaise est-elle possible ?

Graffiti dans les rues de Beyrouth, 2011
Graffiti dans les rues de Beyrouth, 2011 Crédits : Joseph EID / AFP

« L’enfer »… voilà la perspective qui attend le Liban et les Libanais si un gouvernement n’est pas rapidement formé. La déclaration vient du président Michel Aoun, lors d’une conférence de presse tenue lundi dernier, trois semaines après la désignation de Moustapha Adib comme premier ministre.

Comme si nous vivions au paradis n’ont pas manqué de répondre les manifestants qui cette semaine ont battu le pavé de Beyrouth, malgré l’épidémie de Covid-19. Les explosions qui ont ravagé la ville le 4 août dernier, et qui ont précipité la chute du précédent gouvernement, sont venues aggraver une crise économique dont le pays ne parvient pas à s’extirper, pris comme il l’est dans une crise sociale – on se souvient du mouvement de révolte l’an dernier – une crise de la corruption, et finalement du modèle confessionnel. L’équilibre entre chrétiens maronites, musulmans sunnites et chiites tel que définit en 1989 par les accords du Taëf, à la fin de la guerre civile, est à la fois plus contesté que jamais, et n’a paradoxalement jamais semblé aussi difficile à réformer. 

On a l’habitude de parler de la résilience du peuple libanais, mais on finit par se demander si la résilience ne serait pas plutôt du côté des partisans du statu quo. La classe dirigeante conspuée il y a un an pour sa corruption, parvient toujours à mobiliser la peur de l’autre et le système confessionnel pour se maintenir. Dans la population, il semble aussi y avoir une véritable schizophrénie entre la revendication d’une véritable citoyenneté libanaise, et la peur de voir sa propre communauté avancer la première, donc de se retrouver lésée et menacée.

Il y a bien pourtant une société qui pousse dans le sens de la création d’un Etat civile, d’un Etat laïc comme l’a demandé le président Aoun fin août. Faut-il ajouter à tout cela les diverses interventions étrangères et une crise des réfugiés qui pèsent sur le Liban depuis des décennies ?

L’Institut du monde arabe, en association avec France Culture et le lieu alternatif STATION Beirut, organise les 25 et 26 septembre,  un événement exceptionnel, pour mobiliser l’opinion française et internationale : « Paris – Beyrouth, 24 heures pour le Liban ».

"La peur qui existe entre les communautés est encore là. Surtout au moment où il faut prendre des décisions qui vont impacter la société libanaise." Aurélie Daher

"Il y a une série de facteurs accumulés qui ont conduit à la crise actuelle et le Liban seul ne peut pas s'en sortir." Ziad Majed

"Cette colère ne va pas disparaître. La question : qu'est-ce qu'on peut en faire ?" Laure Stephan

"Il y a 18 communautés reconnues au Liban." Aurélie Daher

"La population veut un Etat qui protège et qui donne des services." Laure Stephan

"Il y a une volonté de la société de dépasser ce système." Ziad Majed

"La jeune génération veut en finir avec cet héritage" Laure Stephan

Bibliographie

Le Hezbollah

Le HezbollahAurélie DaherPRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE - PUF, 2014

Intervenants
  • chercheur et politiste franco-libanais, professeur à l'Université américaine de Paris
  • enseignante-chercheuse à Paris-Dauphine et à Sciences Po Paris.
  • Journaliste à Beyrouth pour Le Monde et RFI
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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