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Les salariés d'Airbus manifestent contre le plan de licenciement de l'entreprise.

Plans de licenciement : l'argent de l'État sert-il à sauvegarder les emplois ?

43 min
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À la période de confinement a succédé une crise économique potentiellement dévastatrice pour l’emploi. L’État tente d’atténuer le choc en versant des aides publiques aux secteurs sinistrés. Dès lors, faut-il interdire les licenciements aux entreprises qui bénéficient de ces subventions ?

Les salariés d'Airbus manifestent contre le plan de licenciement de l'entreprise.
Les salariés d'Airbus manifestent contre le plan de licenciement de l'entreprise. Crédits : Remy Gabalda - AFP

5000 emplois chez Airbus, 7580 chez Air France, 4600 chez Renault, 1223 chez Alcatel-Lucent mais aussi des centaines de suppressions d’emplois dans des entreprises moyennes. Cette kyrielle de chiffres, impressionnante à première vue, est présentée comme le prélude à une vague de licenciements plus massive à la rentrée. Face à la montée du chômage, des propos ministériels laissent entendre que l’État ne laissera pas l’économie s’écrouler et sauvera le maximum d’emplois possibles. Mais l’argent public sert-il à sauvegarder les emplois ?

Pour en débattre, nous recevons Jean-Marc Daniel, économiste et professeur émérite à l'ESCP Europe, Pierre Nerguararian, président du GIP Chemparc et Christophe Ramaux, économiste et chercheur au Centre d’Économie de la Sorbonne (CES).

L’État ne sauve pas les emplois lorsqu’il se mêle de l’activité d’une entreprise. En fait, c'est une catastrophe car il engage des gains de productivité et des réductions de coûts avec un temps de retard. C'est pourquoi la puissance publique doit impulser une fiscalité conjoncturelle pour favoriser l'innovation et préparer l’avenir : laissons le rôle d’arbitre au marché – c’est-à-dire aux consommateurs – de décider des activités qui doivent disparaître.      
Jean-Marc Daniel

Cela fait quarante ans que le libéralisme heureux est appliqué et nous mène de déboires en déboires. Nous vivons dans des économies mixtes où l’intervention publique est nécessaire pour produire et investir sur le long terme. L’enjeu de la période est de saisir la crise d’aujourd’hui pour réorienter l’économie du futur. J’ai peur que Jupiter ne se transforme en Liliput dès qu’il s’agira de préparer l’avenir.      
Christophe Ramaux

Sur notre territoire, la vision de l’État a apporté un futur au site de Lacq. On s’est mobilisés sur deux grands axes transversaux : endogène sur la réhabilitation des industries en place ; exogène en recherchant le développement de nouvelles activités industrielles. L’intervention de l’État s’est concentrée sur des recherches nouvelles et non sur l’avancement de projets matures portés par de grandes entreprises.        
Pierrre Nerguararian

Pour aller plus loin :

Actualités :

La seconde vague, celle des plans sociaux, touche la France, par Nabil Wakim, Aline Leclerc et Audrey Sommazi, Le Monde, 08.07.2020.

Lacq, un modèle de reconversion industrielle, par Nicolas César, La Croix, 05.12.2014.

Tribune : « Coronavirus : " 7 milliards d’euros pour Air France, sans contrepartie environnementale ou sociale ", voilà qui pose question », par Nadine Levratto et Gilles Raveaud, Le Monde, le 05.05.2020.

Analyses :

Domique Méda. « Rebâtir notre économie sans contraindre nos concitoyens à passer par la case chômage », Le Monde, 27.06.2020. 

Camille Signoretto. « Restructurations, gestion de l’emploi et droit du travail : analyse institutionnelle et statistique », La Revue de l'Ires, vol.  84, no. 1, 2015.

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