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Pour certains scientifiques, nous serons bientôt amenés à modifier artificiellement le climat de la Terre.

La géo-ingénierie peut-elle nous sauver du péril climatique ?

43 min
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Plutôt que de changer notre manière de produire et de consommer, certains chercheurs proposent de modifier artificiellement le climat. Mais ces techniques sont-elles crédibles, et même souhaitables ? Quels bouleversements techniques, éthiques et politiques provoqueraient-elles ?

Pour certains scientifiques, nous serons bientôt amenés à modifier artificiellement le climat de la Terre.
Pour certains scientifiques, nous serons bientôt amenés à modifier artificiellement le climat de la Terre. Crédits : KaPe Schmidt - Getty

Dômes de chaleur au Canada, en Sibérie, en Espagne, au Maghreb. Inondations meurtrières en Belgique, en Allemagne, en Chine. Incendies nombreux en Amérique du Nord, ou sècheresses multiples, qui constitueraient selon un rapport de l’Organisation des nations unies « la prochaine pandémie mondiale ».

Les effets du réchauffement climatique sont de plus en plus fréquents, prégnants, intenses... et dévastateurs. Face à cela, face aussi à l’inertie des gouvernements et des entreprises pour transformer nos modes de production, des scientifiques proposent une alternative radicale : la géo-ingénierie, qui viserait à modifier artificiellement le climat pour diminuer la température de la planète.

Concrètement, cette ambition rassemble des expériences aussi diverses que la limitation du rayonnement solaire grâce à des miroirs réfléchissants, l'envoi d’un million de tonnes de particule de souffre dans l’atmosphère pour refroidir le climat, l'enfouissement ou l’aspiration du dioxyde de carbone produit par certaines industries.

Alors, s’agit-il de science-fiction ou d’un plan B, crédible, face à l’urgence climatique ? Quelles questions politiques, éthiques et économiques ces techniques soulèvent-elles ?

Voici certains des enjeux dont nous allons débattre, pendant 45 minutes, avec nos trois invités.

Pour en parler, nous recevons la chercheuse à l'Iris Julia Tasse, le consultant en prospective climatique Pierre Gilbert et le docteur Laurent Alexandre

Nous n’avons aucun essai de géo-ingénierie à grande échelle qui ait réussi. Donc nous sommes dans la prospective : il n’y a aujourd’hui rien qui marche à grande échelle (…) nous sommes dans de l’imagination, dans de la recherche.        
Laurent Alexandre 

Si un acteur décide d’utiliser unilatéralement une technique de modification du climat, il va avoir un impact non pas régional mais global, si on arrive à détecter que cette technologie a été utilisée, des discussions vont avoir lieu sur pourquoi, comment, à quelle échelle, et les impacts que ça va avoir. (…) Tout tourne autour des conséquences pour certaines populations de l’utilisation de ces technologies à grande échelle.        
Julia Tasse 

Le géomimétisme est un contre-récit à la géo-ingénierie (…) Les puits naturels de carbone, les plantes, les forêts, la chaîne biologique océanique, le permafrost... On n’a pas plus efficace aujourd’hui pour absorber du CO2 de manière massive. Le géomimétisme, c’est donc l’idée de pousser l’ensemble de ces puits naturels de carbone par des politiques publiques bien concrètes pour avoir un impact sur le climat significatif.  
Pierre Gilbert

Pour aller plus loin : 

Les apprentis sorciers du climat, un documentaire ARTE

La géo-ingénierie : réduction, adaptation et scénario du désespoir, sur Cairn

Intervenants
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