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Olivier Veran et Laurent Pietraszewski le 17 février 2020 à l'Assemblée nationale

Retraites : temporiser ou accélérer ?

39 min
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Les stratégies politiques qui consistent à multiplier les amendements ou à recourir au 49.3 prouvent que le temps est une arme politique. Dans ce contexte d’enlisement de la délibération au sujet de la réforme des retraites, faut-il accélérer le rythme ou faire durer les débats ?

Olivier Veran et Laurent Pietraszewski le 17 février 2020 à l'Assemblée nationale
Olivier Veran et Laurent Pietraszewski le 17 février 2020 à l'Assemblée nationale Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Le projet de loi sur les retraites à l’Assemblée nationale a donné lieu à des débats houleux et à des discours contradictoires sur la nécessité de prendre son temps devant une réforme aussi importante, ou bien d’accélérer, pour permettre son vote avant l’été prochain. 

Depuis quelques jours, la question de l’usage ou non du 49.3 agite le milieu politique. C’est l’occasion pour le Temps du débat de réfléchir à la temporalité législative confrontée à celle de l’exécutif.

Les institutions, la rationalisation du temps et l'accélération 

Dans les institutions, on devient prisonnier d'un temps dont on devrait être maître de manière autonome et indépendante. Danièle Obono 

L'historienne Noélline Castagnez rappelle que la IVème République était considérée comme un régime dans lequel, du fait de "l'impossible majorité et de l'instabilité gouvernementale, on perdait du temps". Elle rajoute qu'aujourd'hui "celui qui tient le temps, le maître de l'horloge, c'est la majorité. Ce n'est pas tellement le temps de l'Assemblée, c'est le temps de la majorité"

Pour Danièle Obono, dans la Vème République, on est dans un contexte de "société de l'information où il faut absolument du contenu. Mais dans une institution, il faut se détacher de la pression de la société et de la volonté d'aller toujours plus vite. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, au risque de se retrouver dans deux ans, à refaire la loi et donc à perdre du temps car on aura fait les choses trop vite". 

L'article 49.3 s'inscrit dans une logique de parlementarisme rationalisé. Laureline Fontaine 

Pour Laureline Fontaine, "ce n'est pas qu'une pression de la société, c'est aussi une forme de langage et de rhétorique qui a été adopté par les institutions aussi. C'est très clair dans le programme d'Emmanuel Macron. Il a dit que la procédure accélérée devait devenir la procédure par défaut, c'est à dire la procédure de droit commun".

On nous demande de travailler plus vite, sur plus de choses. Pour Hartmut Rosa, l'accélération est une pathologie de nos sociétés modernes. Laureline Fontaine 

Intervenants
  • députée LREM dans la sixième circonscription de l'Isère, rapporteuse du projet de loi organique pour la réforme des retraites
  • professeure de droit public et constitutionnel à la Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • porte-parole de La France insoumise, députée dans la 17ᵉ circonscription de Paris
  • maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Orléans, rédactrice-en-chef de Parlement[s]
L'équipe
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