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Un fermier mozambicain arrosant son champ à Tica, où l'association CARITAS est mobilisée auprès des fermiers touchés par le cyclone Idai du mois d'août.

Sécurité alimentaire : produire plus ou produire autrement ?

36 min
À retrouver dans l'émission

Alors que s'ouvre à New York le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, des organisations de la société civile de différents pays ont décidé de boycotter ce rendez-vous, y dénonçant le poids donné aux multinationales. Pour lutter contre la faim, produire plus ou différemment ?

Un fermier mozambicain arrosant son champ à Tica, où l'association CARITAS est mobilisée auprès des fermiers touchés par le cyclone Idai du mois d'août.
Un fermier mozambicain arrosant son champ à Tica, où l'association CARITAS est mobilisée auprès des fermiers touchés par le cyclone Idai du mois d'août. Crédits : Marco Longari - AFP

Le premier sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires s’ouvre aujourd’hui à New York. L’événement devait réunir des agriculteurs, des représentants des peuples autochtones, des sociétés privées, des responsables publiques de l’agriculture ou des chercheurs à l’issue d’une année et demie marquée, comme l’a dit l’ONG Oxfam, par le cocktail explosif des trois C : conflits, COVID et crise climatique. 

Mais cette rencontre n’a pas convaincu des organisations, des petits producteurs et des peuples autochtones critiquant une agriculture industrielle, trop productiviste et fascinée par les technologies de pointe, sacrifiant l’agroécologie et des solutions plus locales. 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Jean-Philippe Audinet, conseiller technique "Institutions rurales" au Fonds international pour le développement agricole (FIDA) à Rome, Matthieu Brun, chercheur associé au laboratoire "Les Afriques dans le monde" de Sciences Po Bordeaux et responsable d'études au Club Déméter, et enfin Morgan Ody, paysanne et maraichère, membre du comité de coordination du mouvement paysans international Via Campesina.

"Il faut savoir d'où vient la faim. Est-ce un problème de production ? Ou est-ce un problème d'inégalités ? La réponse est claire : c'est un problème d'inégalités ! 

On n'a pas de problème de production. Le problème, c'est la répartition des richesses, c'est pourquoi la question du pouvoir, du pouvoir notamment des multinationales est essentielle. Est-ce qu'on va accroître les inégalités ? Ou est-ce qu'on va les réduire ? Et cette question est un point complétement aveugle de ce Sommet, ce qui  a d'ailleurs été pointé par trois rapporteurs spéciaux de l'ONU. 

Le problème, c'est que la plupart des gens qui ont faim dans le monde sont des gens ruraux, et ils ont faim parce qu'ils n'ont pas accès aux terres parce que les multinationales accaparent toutes les ressources. C'est donc ce problème là qu'il faut régler, et on ne va pas le régler en alliant les gens du Sommet autour de la table" Morgan Ody

"On produit suffisamment de calories sur la planète pour nourrir tout le monde, une partie est gaspillée, près d'un tiers, et surtout cette alimentation est très mal répartie entre les différentes parties du monde, une grande partie-trop grande peut-être-va à l'alimentation animale. 

Mais l'enjeu se situe plutôt autour du fait de maintenir la production. Aujourd'hui avec le changement climatique, et pas besoin d'aller à Madagascar qui est dans une situation absolument catastrophique, on peut aller dans le Sud de la France où les températures très élevées ont déjà mis en péril la production, la question est de savoir si nous pourrons maintenir cette production. 

La grande question qu'on peut se poser, c'est si dans dix, quinze ans, les stratégies qui sont aujourd'hui discutées, notamment à Bruxelles, vont-peut-être-nous mettre dans une situation d'incapacité à nourrir notre propre population" Matthieu brun

"Une donnée importante est la croissance démographique dans le Sud du monde parce que ceux qui sont exposés en grande majorité à l'insécurité alimentaire se trouvent dans cette partie du monde. 

Ce contexte là rend encore plus tendu la compétition autour des ressources naturelles : de la terre, de l'eau, des ressources de la vie en général. Il y a urgence à gouverner ces systèmes alimentaires : plus personne ne croit que nous allons pouvoir continuer à produire toujours plus. Il y a des limites dans notre biosphère terrestre et la répartition dans l'accès aux ressources, la terre en particulier,  devient de plus en plus conflictuelle. C'est pourquoi la responsabilité des États, de la puissance publique est de réguler ces conflits d'intérêts. Or nous constatons l'absence d'instances de gouvernance reconnues, inclusives, dans lesquelles les intérêts des uns et des autres peuvent être mis sur la table et discutés pour décider en fonction de l'intérêt commun" Jean-Philippe Audinet

Intervenants
  • Conseiller Technique Principal, Institutions Rurales au Fonds international de développement agricole (FIDA), coordinateur du Forum Paysan au FIDA et représentant du Fonds au Conseil de l’International Land Coalition
  • Responsable d'études au Club DEMETER et chercheur associé au laboratoire "Les Afriques dans le monde" de Sciences Po Bordeaux
  • Paysanne, membre de la confédération paysanne du Morbihan, ainsi que du comité de coordination européenne du collectif Via Campesina
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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