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Les membres du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie se retrouvent ce jeudi pour poursuivre les discutions sur la réforme du système santé

Serions-nous mieux protégés avec une "Grande Sécu" ?

37 min
À retrouver dans l'émission

Le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie a été mandaté par O. Véran pour réfléchir aux possibles réformes du système de santé. Celle de la "Grande Sécu" élargirait le champ d’intervention de la Sécurité sociale, au détriment des complémentaires. Une telle réforme est-elle souhaitable ?

Les membres du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie se retrouvent ce jeudi pour poursuivre les discutions sur la réforme du système santé
Les membres du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie se retrouvent ce jeudi pour poursuivre les discutions sur la réforme du système santé Crédits : Denis Charlet - AFP

« Grande Sécu » : voilà bien un terme familier, presque amical, qui vient d’émerger dans le débat public depuis qu’a fuité  dans Les Échos le 10 novembre l’avant-projet du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie qui doit se réunir pour en débattre ce jeudi.

Un avant-projet de rapport qui envisage quatre scénarios pour l’avenir de l’assurance-maladie. Parmi eux, celui du transfert à l’assurance maladie obligatoire, la Sécu, d’une couverture à 100% des malades, scénario dit de « Grande Sécu ». Un projet porté encore récemment sous le nom d’assurance maladie universelle par Jean-Luc Melenchon ou Philippe Poutou. 

Mais est-ce bien la même idée qui est soutenue aujourd’hui par Emmanuel Macron et Olivier Véran ? Et pourquoi, avant même d’être rédigé, provoque-t-il l’opposition des syndicats de médecins, du candidat Xavier Bertrand et, bien entendu, des mutuelles et assurances  qui y voient le risque d’installer une médecine à deux vitesses ? 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin a le plaisir de recevoir Brigitte Dormont, professeure d'économie de la santé à l’Université Paris Dauphine-PSL, Dominique Libault, directeur de l'École nationale supérieure de la Sécurité sociale (EN3S) et Éric Chenut, président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française.

"Le grand problème qu'il y a en France, c'est que le ticket modérateur, soit les 30% non pris en charge par la Sécurité sociale, sont couverts par des organismes, notamment les mutuelles. Tous ces organismes, actuellement sont soumis à des mécanismes de marché, à des concurrences de marché. De ce fait, il n'y a pas de solidarité pour la couverture de ce ticket modérateur" Brigitte Dormont

"Si on devait refonder notre système de santé sur une page blanche, je ne suis pas sûr qu'on referait le système tel qu'il existe aujourd'hui. Or notre système ne s'inscrit pas sur une page blanche mais dans une histoire particulière, avec un contexte et des acteurs. Je crois qu'il faut voir ce qui, dans le système actuel, peut être amélioré" Dominique Libault

"Aujourd'hui, tel que le scénario de "Grande sécu" est proposé, il s'agit de supprimer les tickets modérateurs, les forfaits qui pourraient être repris en charge par l'assurance maladie intégralement. Pour autant, est-ce que cela signifierait qu'il n'existerait plus de reste à charge ? En aucun cas. Il y a les dépassements d'honoraires, il y a les suppléments de chambres particulières, il y a un certain nombre de dépenses, presque 10 milliards d'euros chaque année, qui ne seront pas couvertes par l'assurance maladie. Avec une telle réforme, il existe un risque de fausse promesse" Éric Chenut

Intervenants
  • Président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française
  • Professeure d’économie à l’université Paris Dauphine au sein du laboratoire LEDA-LEGOS, et directrice de la Chaire Santé Dauphine (Institut Louis Bachelier)
  • Directeur de l'École nationale supérieure de la Sécurité sociale (EN3S) et ancien directeur de la Sécurité sociale (2002-2012).
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