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Bénévoles recevant une livraison de vaccins anti-covid envoyés par le biais de l'initiative Covax , à Khartoum, Soudan le 06 octobre 2021.

Vaccins anti-covid : est-il (enfin) temps de partager ?

37 min
À retrouver dans l'émission

Alors que l'OMS n'a pas atteint son objectif 10% de vaccination contre le Covid-19 par pays, de nombreux pays riches en sont à la campagne de rappel. L'OMC discute à nouveau ce mercredi 13 octobre de la levée des brevets. Pourquoi est-il si difficile de réduire les inégalités d'accès au vaccin ?

Bénévoles recevant une livraison de vaccins anti-covid envoyés par le biais de l'initiative Covax , à Khartoum, Soudan le 06 octobre 2021.
Bénévoles recevant une livraison de vaccins anti-covid envoyés par le biais de l'initiative Covax , à Khartoum, Soudan le 06 octobre 2021. Crédits : Ebrahim HAMID - AFP

Le groupe de l’OMC chargé de réfléchir à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid se réunit les 18 et 19 octobre 2021 à Genève. À cette occasion, une manifestation s'est tenue devant le siège de l’organisation internationale, au lendemain d’une autre hier en Afrique du Sud devant les ambassades de Belgique, des Pays-Bas et des États-Unis sur le même thème. La pression vis-à-vis des pays et les laboratoires pharmaceutiques continue. 

Car depuis que la plupart des pays développés ont annoncé lancer une campagne de vaccination pour une troisième dose, la colère de certains pays du Sud, comme l’Inde ou l’Afrique du Sud ne cesse de croître. Ils craignent en effet que cette nouvelle campagne ne prive encore trop longtemps les pays les plus pauvres, largement défavorisés puisque les nations africaines n’ont procédé en moyenne qu’à la vaccination de 3 ou 4% de leur population.

Pourquoi les laboratoires refusent-ils la levée des brevets ? Pourquoi la possibilité de mettre en œuvre la licence obligatoire n’avance-t-elle pas ? Pourquoi le programme Covax, qui devait permettre aux pays les plus riches de fournir les pays pauvres en vaccins, n’a-t-il pas atteint ses objectifs ? 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Marianne Schaffner, avocate associée chez Reed Smith, responsable européenne du département brevet, Christian Bréchot, virologue, professeur à l’université South of Florida à Tampa, en Floride, il est également président du Global Virus Network et enfin Carine Rolland, présidente de l'ONG Médecins du Monde

"Le directeur général de l'OMS a aussi dit : 'les entreprises et les pays qui contrôlent l'approvisionnement mondial en vaccin pensent que les pauvres du monde doivent se contenter des restes'. On répète qu'on ne peut pas faire de levée de la propriété intellectuelle parce que c'est une technologie particulière.. Écoutez, l'Inde et l'Afrique du Sud ont été capables de fabriquer des génériques et demandent depuis un an la levée de cette propriété intellectuelle. Pfizer et Moderna, jusque là, ont vendu à peu près 80% de leurs doses à des pays riches, pour eux c'est 60 milliards de ventes entre  2021 et 2022. Je comprends qu'on veuille préserver les intérêts du privé mais nous sommes face à une pandémie mondiale ! " Carine Rolland

"Je pense que, dans l'immédiat, ce qui est absolument dramatique, c'est de voir que les pays riches donnent une absolue priorité à leur population. C'est toujours facile de critiquer ce que font les politiques mais j'observe ce qui se passe aux États-Unis avec une pression de plus en plus forte par ceux qui sont convaincus par le vaccins pour l'injection d'une troisième dose et aussi pour la vaccination des enfants par exemple. Là dessus, le Global Virus Network a pris position et a dit qu'il n'était pas raisonnable d'aller vacciner actuellement des populations d'enfants, on les vaccinera mais il faut faire des priorités. La priorité en ce moment, ce sont les pays émergents et les pays en développement car indépendamment de l'aspect moral qui est évident, la circulation du virus générera des nouveaux variants et aura des effets difficiles à prévoir. Il faut qu'on ait en parallèle, d'une part une meilleure distribution de toute la production qui est faite, et de l'autre la discussion sur les brevets et les licences et le renforcement des capacités de production" Christian Bréchot

"Je voudrais quand même qu'on rappelle combien coûte la mise au point d'un médicament, en moyenne, c'est un milliard mais on peut monter jusqu'à douze milliards, c'est important d'avoir cet élément à l'esprit. Ensuite, quand on dit que les pouvoirs publics ont investi pour aider les laboratoires à accélérer la mise au point du vaccin, c'est vrai mais rappelons qu'en principe un essai clinique, ça se déroule sur plusieurs années, on a donc accéléré ce processus, on a mis de l'argent sur la table parce que si on était tous restés confinés, je pense qu'économiquement, ça serait un véritable marasme. D'autre part, les États occidentaux ont investi pour permettre à leur population d'accéder au vaccin. En ce qui concerne la levée de brevets, je suis désolée mais, premièrement, ça ne règle pas la situation  et on créerait un dangereux précédent parce que ça voudrait dire que dès qu'il se passerait quelque chose, on pourrait dire à n'importe quel titulaire du brevet : "Lève ton brevet", et à ce moment là, on perdrait toute incitation à la recherche" Marianne Schaffner

Intervenants
  • Médecin généraliste, elle est élue le samedi 19 juin 2021 à la tête de l'ONG "Médecins du Monde" pour un mandat de trois ans
  • Virologue, professeur à l’université South of Florida à Tampa, en Floride, il est également président du Global Virus Network. Il a été directeur de l'Institut Pasteur de 2013 à 2017
  • Avocate associée chez Reed Smith, responsable européenne du département brevet, elle est également chargée d’enseignement en droit des brevets à Paris XIII
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