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Portrait en 2005 de Claude Hagège.

Claude Hagège : "Je ne suis pas l'homme de la tradition"

1h
À retrouver dans l'émission

Le linguiste Claude Hagège est l’invité du "Tête-à-tête" de Frédéric Taddeï. Il revient sur sa vocation qui remonte à l'enfance, précise ce qu'est son travail de linguiste de terrain et évoque tour à tour la domination de l'anglais, son hostilité à l'Empire romain et le défi qu'il lance à l'Europe.

Portrait en 2005 de Claude Hagège.
Portrait en 2005 de Claude Hagège. Crédits : Leemage - AFP

A l'occasion de la publication de son livre Contre la pensée unique, Claude Hagège est l'invité du "Tête-à-tête" au Salon du Livre de Paris. Né à Carthage, linguiste et polyglotte, il parle dix, vingt, cinquante ou cent-cinquante langues d’après certains. Il est devenu célèbre en une soirée, sur le plateau d’Apostrophes en 1985 face à Raymond Devos, il venait alors d’écrire L’Homme de parole. Il revient sur son enfance et raconte que les jeux de divertissement n'ont jamais eu un grand intérêt pour lui.

Mes parents ne m'ont donné aucun jeu parce que je n'en réclamais pas. J'étais un enfant très bizarre, un peu fou : mes jeux n'ont jamais été autre chose que des langues. Quand j'ai commencé à savoir lire, vers 5 ans, je lisais des grammaires, des dictionnaires, déjà, j'adorais ça ! J'ai toujours aimé les langues depuis ma petite enfance.

C'est à Carthage où il est né, qu'il a pris l'habitude d'entendre un très grand mélange de langues du fait d'un grand nombre de communautés immigrées. Il dit maintenant savoir parler une dizaine de langues étrangères, autres que les grandes langues de l'occident, "sans avoir recours à un dictionnaire". Mais dans son travail de recherche, il peut citer plus d'une centaine de langues dont il connaît la morphologie, la grammaire, la syntaxe ou leur lexique mais sans les parler forcément.

En relatant l'histoire des relations entre le français et l'anglais, Claude Hagège précise que l'anglais a été latinisé trois fois. Aujourd'hui, l'anglo-américain est devenu le vecteur d'une pensée unique dangereuse, c'est aussi "une mode" selon lui. "Il est vrai que le balbutiement d'un anglais extrêmement fautif apparaît comme ouvrant une communication, ce qui est totalement faux, puisque évidemment, _la seule façon de communiquer avec les gens c'est d’apprendre leur langue, et non de parler une langue internationale_."

Ce contre quoi je suis et qui est le vecteur d'une pensée unique, c'est le néo-libéralisme qui est, pour l'essentiel, d'expression anglo-américaine.

Concernant l'américanisation des mots techniques ou économiques, pour Claude Hagège, "ce n'est pas tant que l’anglais soit plus souple ou plus adéquat pour exprimer les notions du monde moderne, c'est qu'on ne prend pas la peine de traduire ces notions".

Je prophétise ceci : un jour l'Europe ira de Brest à Vladivostok, et quand l'Europe ira de Brest à Vladivostok, la puissance japonaise, la puissance américaine, la puissance chinoise, ne seront rien à côté de l'Europe. A ce moment-là, j'aurais 120 à 150 ans et je m'en réjouirais !

Il admet pour finir l'entretien mener une "relation spécifique à la santé" et cela se fait sentir dans son alimentation quotidienne qu'il qualifie de "spartiate" : "J'ai décidé de continuer pendant très longtemps à produire et par conséquent pour assurer un minimum de longévité, je suis extrêmement attentif aux maladies. Ma relation avec les médecins est très mauvaise. [...] Ils n'ont pas d'éducation préventive, ils ne comprennent pas."

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