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Françoise Hardy en octobre 1982.

Françoise Hardy : "Je suis cérébrale, mais je ne suis pas du tout intellectuelle"

59 min
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Ce Tête-à-tête avec Françoise Hardy est l'occasion de dérouler sa carrière de chanteuse depuis près de cinquante ans. Elle revient sur son enfance et sa passion très jeune pour la chanson, ses débuts sur scène et sa décision d'arrêter les concerts à seulement 24 ans.

Françoise Hardy en octobre 1982.
Françoise Hardy en octobre 1982. Crédits : Herve TARDY/Gamma-Rapho - Getty

Elle avait les cheveux longs, une guitare, des fans qui s'appelaient Bob Dylan ou les Rolling Stones. Aujourd'hui, elle a les cheveux courts, elle n'a plus de guitare, mais elle chante toujours des chansons d'amour. Le gratin de la scène française se presse pour lui composer des mélodies, et ça donne "L'amour fou", son 24e album, qui vient juste de sortir et un roman, lui aussi intitulé L'amour fou qui parait chez Albin Michel. Françoise Hardy est l'invitée de ce Tête-à-tête et se raconte au micro de Frédéric Taddeï.

Elle confie apprécier le romantisme, elle se "reconnaît là-dedans beaucoup", c'est l'amour fou qui permet de sortir de la triste condition humaine.

Rien ne finit bien dans la vie. La condition humaine, par essence, est tragique. Chaque personne est dans une prison, la prison de ses conditionnements dont on n'a jamais assez conscience, de ses manques, de ses limites, de ses souffrances, de ses aspirations... et puis on est condamné à mort mais on ne sait pas quand on va être exécuté ni comment. Voilà la condition humaine ! [...] Voilà comment je vois la vie, qui m'a pourtant beaucoup gâtée, et que j'aurai beaucoup de tristesse à quitter.

Elle revient sur son enfance, élevée avec sa sœur par une mère célibataire dont elle se sentait aimée mais elle s'ennuyait et dit qu'elle a "toujours eu besoin de [s']évader par la lecture et par la suite par la musique et les chansons". En revanche, elle dit qu'elle "déteste jouer" et cela depuis son enfance. Elle constate que pour sa génération "le temps passait très, très lentement". Elle se rend compte qu'elle passe sa vie à attendre, à "attendre des signes". Elle qualifie quand même sa vie d'heureuse tant professionnellement que sentimentalement. Elle dit qu'elle était "prête à tout accepter" pour qu'une relation amoureuse avec l'homme qu'elle avait choisi, dure et c'était là une "erreur".

Son rapport à la beauté a été tumultueux à l'adolescence, persuadée qu'elle ne plaisait pas. Quand sa carrière a commencé, elle était sans arrêt comparée à Sylvie Vartan, qui représentait, elle, la jolie fille. Son seul atout, reconnaît-elle, était qu'elle "crevait l'écran" et cela pouvait fasciner.

"Je chante mieux les chansons douces, les chansons lentes", estime-t-elle, "pourtant Dieu sait si je suis impatiente, mais en musique je n'aime que ce qui est lent". Elle explique pourquoi elle a abandonné au bout d'une dizaine d'années la composition des mélodies et des textes, elle ne savait que "gratouiller" quelques accords à la guitare. A 24 ans, elle a arrêté de façon catégorique la scène après huit années passées en tournée.

Si on lui demande son avis sur les chansons et la mode de maintenant, elle y voit surtout beaucoup de vulgarité et peu de belles choses, "je trouve qu'il y a une espèce de dégradation du goût", regrette-t-elle.

La chanson c'est vraiment quelque chose qui me passionnait quand j'avais quatorze ans et cette passion ne s'est jamais démentie. Pour moi, écouter une belle chanson, encore aujourd'hui, c'est une source d'émotion considérable, c'est très important.

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