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Philippe Caubère sur scène à Avignon en juin 1993.

Philippe Caubère : "Je suis un marseillais enfant de Bergman et de Fellini"

59 min
À retrouver dans l'émission

"Le roman d'un acteur" et "L'homme qui danse", soit 20 spectacles de près de 3 heures chacun, forment une fresque autobiographique unique en son genre dont Philippe Caubère a été l'auteur, le metteur en scène et l'unique interprète pendant près de 25 ans et qui a rencontré un immense succès public.

Philippe Caubère sur scène à Avignon en juin 1993.
Philippe Caubère sur scène à Avignon en juin 1993. Crédits : Philippe Caubère sur scène à Avignon en juin 1993, France. (Photo by Michel LAUR - Getty

Le roman d'un acteur

J’ai toujours pensé qu’il y a un "roman d’un acteur" dans chaque acteur, et même qu’il y a un Molière, un Shakespeare dans chaque acteur. Je pense que tout acteur qui aurait le besoin, l’envie de raconter son roman intérieur pourrait le faire. S’il le faisait avec ses moyens d’acteur sans endosser le déguisement d’un écrivain, il ferait une chose formidable, le point de vue de l’acteur est tellement important. Quand Galabru écrit sa vie, c’est magnifique. Quand Anny Duperey écrit Le voile noir c’est magnifique. Quand un acteur se met à table, ça ne ressemble à rien d’autre, c’est très fort. Pour moi, l’art relève du corps des acteurs, bien plus que de la réflexion politicienne des programmateurs et des metteurs en scène. Philippe Caubère

Marseille

Marseille c’est moi. Je suis devant Marseille comme je suis devant moi : avec un mélange d’amour, d’horreur, d’attirance et de répulsion, de colère et d’indulgence. Il y a une relation narcissique des Marseillais à leur propre ville, une relation - énigmatique pour les autres - d’adhésion, d’empathie. Mais les Marseillais ne correspondent pas à ce que l’on dit d’eux, on les croit gais et bons vivants. Pas du tout, les Marseillais sont antipathiques, amers, intelligents, malins, désenchantés, désespérés et inhospitaliers.

Politiquement incorrect

Il y a trop de théâtre à l’école. Il n’y en avait pas assez avant, maintenant il y en a trop. On fait croire à tous les gamins qu’ils vont être comédiens, tous les profs se prennent pour des metteurs en scène. On leur fait jouer Valère Novarina ou Koltès au lieu de leur faire jouer, ce qui les amuserait beaucoup plus, Marivaux, Musset ou Shakespeare, et qui serait beaucoup plus politique. J’ai dit cela au cours d’une table-ronde organisée par France Culture à Avignon et j’ai reçu des dizaines de lettres d’insultes mais je persiste à penser que le théâtre d’aujourd’hui est contaminé par le ministère de l’Education nationale. Le théâtre est une affaire de mauvais garçons et de mauvaises filles, une affaire pas politiquement correcte, ni pédagogiquement correcte. Un théâtre impeccable, clean, bien dans l’air du temps est un théâtre malade.

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