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la vie est meilleure, pour la plupart des gens...

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L'innovation, qui caractérise l'espèce humaine, explique pourquoi nous vivons beaucoup beaucoup mieux que nos ancêtres.

Il peut paraître paradoxal, voire provocateur, de prétendre que le monde va de mieux en mieux, sous prétexte que l’espérance de vie, dans le monde s’est sensiblement allongée et que plusieurs milliards de personnes sont récemment sorties de la pauvreté. Entre-temps, l’état de la planète, lui, ne s’est pas amélioré…

Réponse des New Optimists : lorsqu’on est acculé à la survie, on n’est pas enclin à s’intéresser à l’état de la planète. C’est seulement lorsqu’on mange à sa faim, qu’on échappe à la malédiction de l’analphabétisme et qu’on a accès à l’information qu’on commence à s’en préoccuper. Du fait de la révolution industrielle, l’Angleterre était beaucoup plus polluées il y a un siècle qu’elle ne l’est aujourd’hui. Durant la seule année 1952, le smog, à Londres, a tué 12 000 personnes ! Grâce aux améliorations fantastiques apportées aux gaz d’échappement par les constructeurs automobiles, l’air qu’on y respire aujourd’hui est d’une qualité infiniment supérieure. La même chose pourrait être démontrée en ce qui concerne Paris et nos grandes villes françaises.

Johan Norberg fait remarquer que les pays qui arrivent en tête des classements concernant les performances environnementales sont les Scandinaves. Ils le doivent, dit-il, au haut niveau de technologie qu’ils ont atteint. Pas à je ne sais quelle décroissance.

De manière générale, les New Optimists manifestent une grande confiance en la capacité des humains à trouver des solutions aux problèmes – y compris à ceux qu’ils se créent eux-mêmes. Ils aiment répéter la fameuse prophétie de Cheikh Yamani, l’ancien ministre du pétrole d’Arabie saoudite : « l’Age de pierre ne s’est pas terminé par épuisement des pierres, mais parce que l’humanité était passée à d’autres techniques. De même, l’âge du pétrole sera terminé bien avant que ne soient épuisées les réserves de pétrole. » Il y a une quinzaine d’années, les journaux nous annonçaient le peak oil à partir duquel nous allions vers l’épuisement progressif des hydrocarbures et la montée en flèche de leurs prix. En 2013, le baril atteignait 130 dollars, ce qui semblait leur donner raison. Les experts prédisaient qu’il atteindrait bientôt les 200 dollars. Aujourd’hui, il tourne autour de 50 dollars : l’épuisement des ressources était un mythe des pessimistes. Bien avant que cette ressource soit épuisée, nous en aurons trouvé d’autres.

L’anthropologie. Matt Ridley, l’auteur de The Rational Optimist, qui est zoologue de formation, a bâti là-dessus une théorie : les humains, écrit-il, ne constituent pas la seule espèce à savoir se servir d’un outil, on le sait maintenant. Mais ils sont la seule qui soit capable d’innovation. Certains animaux ont la capacité de transmettre des techniques, mais ils ne les améliorent pas. Chez nous, au contraire, l’innovation fonctionne sur un mode collectif et elle est cumulative. Le commerce des idées, comme celui des services ou des marchandises, favorise la spécialisation des fonctions. Et celle-ci est, à son tour, facteur de nouvelles innovations.

Or, cette culture de l’innovation, qui nous caractérisait depuis l’aube des temps, s’est accélérée à partir de la révolution industrielle. Et elle explique les améliorations phénoménales des conditions de vie qui, progressivement, ont concerné toute l’humanité et tous les continents. Comme le dit Matt Ridley, « la vie est meilleure pour la plupart des gens, dans la plupart des endroits, et dans la plupart des domaines qui comptent. »

Oui, à l’encontre de la perception dominante en Europe occidentale, et tout spécialement chez nous, en France, le monde va mieux. Il va même de mieux en mieux. Et les progrès en matière de bien-être, d’accès aux technologies qui désenclavent et qui libèrent, se démocratisent rapidement. Non seulement le progrès n’est pas un mythe, mais il s’est accéléré au cours des 25 dernières années.

Les thèses des New Optimists ont été contestées par divers intellectuels, mais aucun n’a pu produire des données chiffrées contredisant les tendances qu’ils ont établies à partir de leurs statistiques. Le philosophe britannique John Gray, virulent critique des Lumières, les a traités de progressistes attardés, baignant dans une euphorie digne d’une philosophie de l’histoire à la Condorcet ou à la Macauley. Mais opposer aux batteries de statistiques dûment documentées des New Optimists son propre ressenti ne suffit pas à contredire leurs théories.

C’est ce qu’a répliqué Steven Pinker à John Gray dans les colonnes du Guardian, un quotidien décidément ouvert aux débats philosophiques de fond. Je le cite : « Mais au fur et à mesure que les chercheurs mesurent le développement humain, ils découvrent que Gray n’a pas seulement tort, mais qu’il se trompe à en hurler, comme s’il prétendait que la terre est plate. Les chiffres montrent que, après des millénaires de pauvreté aux limites de la survie, et de despotisme, une proportion croissant avec régularité de l’humanité échappe à la mort prématurée du nourrisson, va à l’école, vote dans des démocraties, vit libérée des anciennes maladies, jouit des nécessités de la vie moderne et survit jusuqu’au grand âge ». Tels sont les faits, comme disait Julian Lincoln Simon, le précurseur des New Optimists dans son livre It’s getting better all the time.

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