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L'ancien vice-président Joe Biden lors d'un meeting de soutien à sa campagne pour l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 (Iowa, Etats-Unis, décembre 2019)

Rompre avec l'isolationnisme : le programme de Joe Biden

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A quoi ressemblerait la politique étrangère des Etats-Unis si Joe Biden était élu président, en novembre prochain, et remplaçait Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche ?

L'ancien vice-président Joe Biden lors d'un meeting de soutien à sa campagne pour l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 (Iowa, Etats-Unis, décembre 2019)
L'ancien vice-président Joe Biden lors d'un meeting de soutien à sa campagne pour l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 (Iowa, Etats-Unis, décembre 2019) Crédits : Preston Ehrler/SOPA Images/LightRocket - Getty

L’ancien vice-président de Barack Obama vient de livrer les grandes lignes de son programme en matière de politique étrangère dans le dernier numéro de la revue américaine Foreign Affairs. Le titre de l’article qu’il y signe résume bien son programme électoral : Why America must lead again

Restaurer la crédibilité des Etats-Unis sur la scène internationale

Pour Joe Biden, la présidence de Trump s’est traduite, en effet, par une fantastique érosion du leadership américain. Et c’est cette capacité de direction et d’animation qu’il lui faudrait restaurer. Le principal reproche qu’adresse Biden à Trump, c’est d’avoir isolé les états de leurs alliés traditionnels. "Le président actuel, écrit-il, a dénigré, affaibli et dans certains cas, abandonné les alliés et partenaires des Etats-Unis. Et il a enhardi nos adversaires et affaibli notre capacité à faire face aux défis de sécurité nationale, de la Corée du Nord à l’Iran, de la Syrie à l’Afghanistan et au Venezuela. Il a lancé des guerres commerciales mal avisées aussi bien contre les amis que les adversaires."

Pire encore, selon Biden, Trump a mis en pièces des institutions nationales de régulation, mises en place avec l’active coopération de ses prédécesseurs. Du coup, la crédibilité du pays dans le monde est endommagée. C’est d’abord cela qu’il faudrait restaurer.

Redevenir le phare de la démocratie dans le monde

Les Etats-Unis doivent, poursuit Joe Biden, redevenir un modèle et un phare de la démocratie dans le monde. "Si je suis élu président, promet-il, j’abolirai sur-le-champ les mesures administratives prises par Trump pour séparer les enfants de leurs parents à la frontière sud des Etats-Unis". Biden propose de fixer le taux annuel de réfugiés autorisés à entrer aux Etats-Unis à 125 000 par an et à l’augmenter au fil du temps. "Je sécuriserai nos frontières tout en garantissant la dignité des immigrants et en défendant les droits des demandeurs d’asile."

Mais Biden propose surtout d’améliorer la coopération économique avec les pays d’Amérique centrale. Il fixe à quatre milliards de dollars la somme qui devrait être consacrée à cette stratégie régionale de développement. 

Les Etats-Unis doivent renforcer la démocratie à travers le monde, écrit encore l’ancien vice-président et candidat actuellement favori à l’investiture démocrate. Pour ce faire, les Etats-Unis doivent donner l’exemple. "En présidant l’une des administrations les plus corrompues de l’histoire américaine moderne, Trump a donné le feu vert à tous les kleptocrates à travers le monde", accuse-t-il. 

Si Biden est élu, il déposera au Congrès un projet de loi interdisant les contributions financières privées aux candidats à des élections fédérales. Il s’engage à réunir aux Etats-Unis un Sommet mondial de la démocratie, afin de définir en commun un programme de lutte contre la corruption, pour se défendre ensemble contre l’autoritarisme et faire progresser les droits de l’homme. A ce Sommet seront également convoqués les responsables des géants du numérique et des réseaux sociaux. Il leur sera exigé des mesures pour lutter contre la désinformation et les incitations à la violence.

Redevenir un acteur de poids dans le jeu de la concurrence mondiale

Au lieu de se réfugier derrière les barrières illusoires du protectionnisme comme Trump, Biden entend "équiper les Américains" de compétences qui permettront à tous de concourir loyalement dans un commerce international équitable. "Parce que, quand les entreprises américaines jouent sur un honnête terrain de jeu, elles gagnent." Et d’énumérer les domaines où son administration ferait porter les efforts : les énergies propres, l’informatique quantique, l’Intelligence artificielle, la 5G, les trains à grande vitesse, la lutte contre le cancer. 

La Chine représente pour nous un défi particulier, reconnaît Joe Biden. Elle "n’en fait qu’à sa tête" et ne respecte pas la propriété intellectuelle. Il faut lui opposer un front uni des alliés et partenaires de l’Amérique. Définir des règles communes, imposer la transparence et que les Etats-Unis assument leur rôle de leader. Car si les Américains abandonnent leur leadership, soit une autre puissance l’assumera à leur place et imposera ses propres normes. Soit ce sera le chaos dans un monde privé de toute régulations. 

OTAN : un engagement sacré

"Je n’hésiterai pas, pour protéger le peuples américain, à utiliser la force si c’est nécessaire" avertit Biden. Je maintiendrai l’effort de défense de manière à ce que les Etats-Unis demeurent la première puissance militaire du monde. Mais seulement pour défendre ses intérêts vitaux et lorsque les objectifs sont clairs et atteignables. Et Joe Biden se prononce pour les missions à l’étranger ne mobilisant que des forces américaines réduites, en soutien à des partenaires fiables. 

Mais les alliés, en particulier les Européens de l’OTAN, doivent savoir que "l’engagement des Etats-Unis est sacré et non conditionnel". C’est pourquoi "la Russie redoute un OTAN fort". Il faudra également revigorer l’alliance militaire avec l’Australie, le Japon et la Corée du Sud. 

Les Etats-Unis rejoindront l’Accord de Paris sur le climat et s’engageront sur l’objectif d’une économie entièrement décarbonée en 2050. 

Et ils rejoindraient également l’accord avec l’Iran si les dirigeants de ce pays se montrent sérieux sur leurs engagements. Car Joe Biden se dit décidé à empêcher la prolifération nucléaire et à parvenir à un accord avec la Russie sur la limitation de ce type d’armement, qui doit demeurer purement cantonné à la dissuasion. 

Non, l’idée libérale n’est pas "obsolète", comme le proclame Poutine, conclut l’ancien vice-président d’Obama qui, rappelons-le, fait toujours la course en tête pour la course à l’investiture démocrate. 

par Brice Couturier

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