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Violette Leduc, en 1964, à Paris chez elle
Épisode 14 :

Mercredi 4 du mat' 1966

4 min
À retrouver dans l'émission

Violette Leduc aimait les correspondances. Tout ce qui relevait de l'intime l'enchantait. Les Lettres de la religieuse portugaise , celles de Van Gogh à Théo étaient ses livres de chevet. Ils furent ses compagnons et ses modèles. Violette Leduc fut une épistolière infatigable, voire obsessionnelle.

Paris 1966
Paris 1966 Crédits : ullstein bild Dtl - Getty

Violette Leduc aimait les correspondances. Tout ce qui relevait de l'intime l'enchantait. Les Lettres de la religieuse portugaise , celles de Van Gogh à Théo étaient ses livres de chevet. Ils furent ses compagnons et ses modèles. Elle se reconnaissait en eux. "Je le lis et je me mets à le porter tout vivant dans ma chair,  écrit-elle de Van Gogh, je ne connais pas de plus forte résurrection que la sienne par l'écriture ." Violette Leduc fut elle-même une épistolière infatigable, voire obsessionnelle. Comment ne pas céder au vertige de l'épanchement, du monologue? Cette encre-là lui était vitale :"Je ne résiste pas au besoin de me confier. " D'ailleurs, dans son œuvre, elle évoque sa correspondance, l'analyse, y fait allusion à plusieurs reprises. Qu'elles soient d'amitié, d'admirartion, d'amour ou de haine, de quinze pages ou d'une ligne, adressées à une figure illustre ou anonyme, les lettres de Violette Leduc portent tout sa griffe. Violette Leduc aimait les correspondances. Tout ce qui relevait de l'intime l'enchantait. Les Lettres de la religieuse portugaise , celles de Van Gogh à Théo étaient ses livres de chevet. Ils furent ses compagnons et ses modèles. Elle se reconnaissait en eux. "Je le lis et je me mets à le porter tout vivant dans ma chair,  écrit-elle de Van Gogh, je ne connais pas de plus forte résurrection que la sienne par l'écriture ." Violette Leduc fut elle-même une épistolière infatigable, voire obsessionnelle. Comment ne pas céder au vertige de l'épanchement, du monologue? Cette encre-là lui était vitale :"Je ne résiste pas au besoin de me confier. " D'ailleurs, dans son œuvre, elle évoque sa correspondance, l'analyse, y fait allusion à plusieurs reprises. Qu'elles soient d'amitié, d'admiration, d'amour ou de haine, de quinze pages ou d'une ligne, adressées à une figure illustre ou anonyme, les lettres de Violette Leduc portent tout sa griffe. Bien qu'elle s'en défende, le geste épistolier est, pour Violette Leduc, un moyen d'accéder à la fiction, à une forme particulière de résurrection . L'écriture privée et libre de la lettre ne s'embarrasse pas des mêmes contraintes que le texte publié. Il n'y a pas de censure, pas d'interdits, pas de bienséance. Comme un journal qu'on destine à soi, la lettre de Violette Leduc peut tout dire. Ou presque. Sans ménagement, sans limite, sans gêne. C'est au destinataire de suivre, à son corps défendant. Car dans ses lettres, elle confie ce qu'elle n'ose pas avouer ou imposer de vive voix, " parce qu'une lettre que l'on reçoit est lue en quelques minutes et n'importune pas comme une présence". Même lorsque la sincérité de l'appel, l'authenticité émouvante du ton sont crédibles, c'est encore le "mensonge" littéraire qui hante l'épistolière

Carlo Jansiti

Lecture Catherine Liegel
Réalisation Angélique Tibau
Conseillère littéraire Caroline Ouazana
Prise de son Marie Lepeintre
Édition de Carlo Jansiti   
Collection Les Cahiers de la NRF, Gallimard

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