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Le 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie mettent un coup d'arrêt brutal au Printemps de Prague

Du Printemps à l'été 68, de l'espoir au désespoir

59 min
À retrouver dans l'émission

A Prague, la liberté est en sursis. Jusqu'au 21 août 1968, le "socialisme à visage humain" fait recette et c'est toute une société qui se sent de plus en plus libre.

Le 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie mettent un coup d'arrêt brutal au Printemps de Prague
Le 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie mettent un coup d'arrêt brutal au Printemps de Prague Crédits : LEEMAGE - AFP

Déjà 50 ans que l'Armée Rouge et les troupes du Pacte de Varsovie envahirent la Tchécoslovaquie prétendument coupable d'avoir voulu introduire la liberté dans un pays socialiste. Quand Antoine Spire se rend à Prague en 1988, "l'occupation temporaire" dure toujours. C'est sur place, à ce moment-là, qu'il restitue ces événements-clé de la "Guerre froide" au cours de trois émissions mêlant archives et interviews.

Participants :
Vaclav Havel, écrivain tchèque ; Jiri Pelikan,directeur de la Télévision tchèque en 1968 ;  Jiri Hajek, ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Dubcek ; Zignia Hejda, éditrice ; Petr Uhl, étudiant, Sergej Machonin, critique dramatique en 1968 ; Ludvik Vaculik, écrivain tchèque ; Vlasta Chramostova, comédienne célèbre en 1968 ; Martin Idner, représentant du VONS (comité pour la défense des personnes injustement poursuivies en Tchécoslovaquie) ; Stanislav Milota, caméraman en 1968

On avait l'espoir qu'on allait créer quelque chose d'incomparable, on voit aujourd'hui qu'on était probablement naïf, peut-être très naïf, mais je pense que c'était la plus belle époque de mon pays.                
Sergej Machonin

Le printemps passe à Prague, l'été approche. Et avec l'été, le tristement connu 21 août 1968, l'invasion soviétique. Pourtant, la Tchécoslovaquie connaît un essor culturel qui se diffuse dans toute la société. L’effervescence de tous les milieux porte un parfum d'avenir radieux, et le "socialisme à visage humain" séduit. 

Dans les années 60, la conscience de la société se libérait, le public était avide de mots vrais, il voulait trouver des mots pour appeler la situation, nommer les mécanismes de la manipulation de la société.                
Vaclav Havel

Le sentiment de liberté éprend les artistes, les étudiants, les politiques. 

Le théâtre se transformait en tribune politique, en manifestation publique, voilà ce que fut l'année 68 et les jours qui suivirent l'occupation. Je pense que ces jours, ces quelques mois, qui précédèrent la fin du printemps de Prague, représentent les seuls moments d'authentique liberté qui m'a été donnée de vivre. Mais soudain, ce fut une autre accélération de l'Histoire et tout change de nouveau.                
Vlasta Chramostova

La répression n'en est que plus stupéfiante, tant et si bien qu'aux premiers jours, personne ne veut y croire.

L'invasion a commencé à peu près à 23h30, je suis retourné exceptionnellement plus tôt à la maison, car j'étais un élu et j'avais une réunion le lendemain. Puis un ami m'appelle pour me dire "les chars soviétiques traversent la frontière, ils envahissent la Tchécoslovaquie", ma première impression c'était que mon ami s'est soûlé et me fait des plaisanteries. Il m'a répondu que je n'avais qu'à ouvrir la fenêtre pour entendre le bruit des avions soviétiques atterrissant à l'aéroport.                
Jiri Pelikan

C'ETAIT LES ANNEES 60 du dimanche 22 avril 2018

L'Autre 68 : Printemps de Prague (2/3), par Antoine Spire et Blandine Masson, première diffusion le 11 août 1988

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