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Paris le 29 mai 1968, lors du défilé organisé par la CGT, Le même jour, le président de Gaulle se rendait secrètement à Baden Baden
Épisode 6 :

Tout est possible

59 min
À retrouver dans l'émission

Du 27 au 29 mai, les dissensions s’accentuent sur la poursuite des événements, tant entre les étudiants et la CGT que parmi tous les hommes politiques, principalement à cause de la faiblesse, puis de l'absence, du général De Gaulle.

Paris le 29 mai 1968, lors du défilé organisé par la CGT, Le même jour, le président de Gaulle se rendait secrètement à Baden Baden
Paris le 29 mai 1968, lors du défilé organisé par la CGT, Le même jour, le président de Gaulle se rendait secrètement à Baden Baden Crédits : UPI - AFP

Chroniques de Mai : une série en sept volets de Dominique Chagnollaud, diffusée pour la première fois sur France Culture en 1988. Suivez avec nous les événements de l'Année 68 au travers d'une mise en abyme documentaire qui reprend les événements de façon chronologique, de la bouche de ceux qui ont fait l'époque. 

Les témoignages : Michel Jobert, directeur de Cabinet de Georges Pompidou, Maurice Grimaud, Préfet de police de Paris, Henri Weber, Ligue Communiste Révolutionnaire, Bernard Tricot, secrétaire général du général De Gaulle, Jean Bornard, responsable CFTC, François Flohic, aide de camp du général De Gaulle, Pierre Lefranc, président des Comités pour la Défense de la République, Jacques Massu, général, Jacques Sauvageot, Vice-Président de l'UNEF, Romain Goupil, du Comité d'Action Lycéens, Philippe de Gaulle, fils du général De Gaulle et Alain de Boissieu, Général Commandant de la 7e Division et gendre du général de Gaulle

Dès le 27 mai, les accords de Grenelle sont fortement contestés par les manifestants, qui les voient comme une capitulation. 

Je pense qu'en ce qui nous concerne, les étudiants n'ont pas fait les barricades et ne se sont pas heurté pendant des semaines avec la police pour quelques amphithéâtres de plus, et nous doutons que les jeunes travailleurs qui ont mené ce combat l'aient fait pour 7% d'augmentation.      
Alain Geismar

Le lendemain se tient le meeting de Charletty qui cherche à redonner de l'élan à la contestation.

A l'origine de Charletty il y a la décision de Pompidou d'interdire les rassemblement de plus de 3 personnes. (...) Charletty a coïncidé avec le premier refus d'accepter le résultat des négociations. Parce je crois que de la même façon que les étudiants, les travailleurs n'étaient pas parti sur des revendications précises, et que la première fois ils avaient reçus des choses qui étaient complètement négligeable, ça ne leur semblait pas répondre à leurs aspirations profondes. Du coup Charletty est devenu une manifestation qui a exprimé le refus des accords entre le patronal et les organisations syndicales.      
Jacques Sauvageot

De nombreuses solutions politiques sont alors lancée, toutes sur la supposition que le général De Gaulle sera désavoué par son référendum. 

Charletty s'est produit à un moment où les objectifs du mouvement étaient proches d'être atteint, les objectifs réels de l'extrême gauche ce n'était évidemment pas d'instaurer la révolution sociale parce que ce n'était pas possible, mais l'objectif maximal était d'obtenir le départ du général et la désignation d'un gouvernement de gauche Mendes-Mitterrand porté par la rue. Pour nous le général De Gaulle avait été porté au pouvoir par les 13 complots du 13 mai, il avait été porté au pouvoir par la rue, par l'émeute par les barricades d’Alger, il était juste qu'il retourne à Colombey-les-Deux-Églises par le même chemin.      
Henri Weber

Et du côté gaulliste, le "flottement" du pouvoir ne semble pas contredire la version que les manifestants ont des événements.

Vous n'imaginez pas ce qu'à été le désarroi des cadres politique à cette époque, et tout s'est joué en quelques heures ! J'étais en le bureau de Pompidou quand le général lui a téléphoné en lui disant qu'il allait reporter le conseil des ministres, qu'il allait prendre le temps de réfléchir et qu'il a terminé par cette phrase très incongrue dans sa bouche : "je vous embrasse" qui à laisse le premier ministre perplexe, voir pantois. Et je peux vous dire que pendant cette période très courte tout pouvais basculer et que j'ai vu que tout allait basculer.      
Michel Jobert

La CGT, se sentant doublée par sa gauche, et fortement critiquée par le reste des grévistes, organise une manifestation le 29 mai pour reprendre le contrôle de sa base et relancer le rapport de forces en sa faveur.

On organise une manifestation où la CGT est vilipendé, insultée, ses dirigeants trainés dans la boue, accusé de trahison, les négociations du Grenelle aussi, les élections traitées de piège à cons et j'en passe et des meilleures. Il était bien extraordinaire que la CGT tende la joue droite après avoir reçu une gifle aussi retentissante sur la gauche. Dans ces conditions, nous avons voulu prouver, sous la forme appropriée, dans une manifestation tout à fait calme, sans affrontement avec la police, que le rapport de forces, en ce qui concerne les travailleurs en luttes, était toujours bel et bien du côté de ce que la CGT dirigeait.      
René Bonety

Au même moment, le général De Gaulle "disparaît" et va rejoindre quelques heures le général Massu, stationné à Baden-Baden. Il en revient décidé à agir sur la suite des événements.

Le général est resté quelque temps à Baden et je crois qu'il ne s'est rendu compte de la portée de ce voyage éclair qu'en écoutant les informations le soir à la télévision. Il a réalisé à ce moment-là l’émotion énorme qu'avait provoquée son départ. Et comme c'est un homme qui savait apprécier les situations et saisir les occasions, il s'est rendu compte que là il avait la possibilité de reprendre les choses en main. Qu'il n'avait sûrement pas la veille ! 

Enfin, en bonus, un court extrait d'un entretien au sujet de Mai 68 que le chanteur Renaud avait accordé à Noël Simsolo le 8 août 1988.

Avec les voix de :

Charles de Gaulle - Président de la République

Georges Séguy - Responsable CGT

Alain Geismar - Secrétaire général du SNESUP

Pierre Mendes-France - Député du PSU

André Barjonet - ex-CGT

François Mitterrand - Député du PSU

Daniel Cohn-Bendit - Mouvement du 22 Mars

Eugène Descamps - CFDT

Jean Lecanuet - Sénateur du Centre Démocrate

Valéry Giscard D'Estaing - Député de la Fédération nationale des républicains et indépendants

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