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Le 16 janvier 1969, quelques temps après le printemps de Prague, un étudiant viendra s'immoler place Venceslas, à Prague, pour protester contre l'oppression soviétique.

La philosophie du Printemps de Prague fut-elle une perestroïka avant l'autre ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Après 1968, les conséquences se font sentir en Tchécoslovaquie. 20 plus tard pourtant, ce sont les grandes lignes de revendications du Printemps de Prague que l'on semble discerner dans la perestroïka de Gorbatchev.

Le 16 janvier 1969, quelques temps après le printemps de Prague, un étudiant viendra s'immoler place Venceslas, à Prague, pour protester contre l'oppression soviétique.
Le 16 janvier 1969, quelques temps après le printemps de Prague, un étudiant viendra s'immoler place Venceslas, à Prague, pour protester contre l'oppression soviétique. Crédits : LEEMAGE - AFP

Déjà 50 ans que l'Armée Rouge et les troupes du Pacte de Varsovie envahirent la Tchécoslovaquie prétendument coupable d'avoir voulu introduire la liberté dans un pays socialiste. Quand Antoine Spire se rend à Prague en 1988, "l'occupation temporaire" dure toujours. C'est sur place, à ce moment-là, qu'il restitue ces événements-clé de la "Guerre froide" au cours de trois émissions mêlant archives et interviews.

Participants :
Vaclav Havel, écrivain tchèque ; Jiri Pelikan,directeur de la Télévision tchèque en 1968 ;  Jiri Hajek, ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Dubcek ; Petr Uhl, étudiant ; Ludvik Vaculik, écrivain tchèque ; Rudolf Slansky, économiste, animateur de la Charte 77, il est le fils du secrétaire de PC tchèque de 1945-1951 ; Jiri Dientsbier, journaliste, initiateur de la Charte 77 ; Antonin Liehm, écrivain et journaliste ; Milan Simecka, écrivain ; Alexandre Adler, soviétologue, professeur à Paris VIII ; Vaclav Benda, un des plus célèbre catholique praguois

Après 68, ont été renvoyé du Parti prêt de 500 000 personnes. Et bien sur, la répression ne touchait pas seulement les adhérents du Parti, des centaines de milliers de gens ont perdu leur emploi dans l'économie, la police, les professions libérales... Le pays à perdu une large partie de ses chercheurs, techniciens, qui ne peuvent, encore aujourd'hui, pas retrouver leur travail. En outre, des centaines de milliers de gens ont été obligé de quitter leur pays. Une perte irréparable.                
Rudolf Slansky

La répression post-68 est très dure pour la vaste majorité de tchécoslovaques.

Ce n'est pas qu'ils les mettent prison, mais qu'ils leur enlèvent la possibilité de mûrir, de se rendre utile humainement, ils leurs préparent une condition dans laquelle l'homme sent le temps qui passe pendant que lui rate sa mission dans la vie, sa vie tout court.                
Milan Simecka

20 ans plus tard, au moment de l'enregistrement de l'émission, les participants du Printemps de Prague font le bilan de l'année 68.

Le printemps de Prague était un échec très simple, on ne peut pas discuter avec des blindés. Tous ce qu'on a pensé à l'époque, ce sont les idées qui restent, tous ceux qui disent que c'était une erreur à mon avis ils n'ont pas raisons, à mon avis c'était une grande période historique de notre pays.                  
Monsieur Maconin

Gorbatchev vient de lancer la perestroïka, qui, pour de nombreux tchécoslovaques, consiste en un récupération des idées et revendications de 1968.

Moi je crois que les lignes essentielles, la politique de la perestroïka et du glasnost de Gorbatchev est une photocopie des réforme de Prague, ce n'est pas la réforme hongroise ou polonaise, mais la réforme tchécoslovaque qui dès le début avait prêché l'impossibilité d'une réforme économique sans une réforme politique. Je crois d'ailleurs que l'invasion de la Tchécoslovaquie a privée l'URSS d'un formidable laboratoire où on aurait pu tester beaucoup de choses qu'on avait jamais pu tester auparavant.                  
Antonin Liehm

Mais en Tchécoslovaquie, l'espoir d'un futur meilleur n'est pas tourné vers les réformes soviétiques, ce qu'ils souhaitent vraiment, c'est d'enfin décider eux même de leur sort.

C'est une vieille douleur, une vieille maladie de la société tchécoslovaque, elle doit toujours attendre une délivrance qui viendrait d'ailleurs, une fois de l'est, un fois de l'ouest et chaque fois c'est mal s'y prendre, je pense que nous devons nous aider nous même. Et ce n'est qu'après que quelqu'un d'autre pourrait venir nous aider. J'ai donc d'abord confiance dans cette société.                
Vaclav Havel

C'ETAIT LES ANNEES 60 du samedi 28 avril 2018

L'Autre 68 : Printemps de Prague (3/3), par Antoine Spire et Blandine Masson, diffusé pour la première fois le 12 août 1988.

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