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Wladimir d'Ormesson, président du Conseil d'administration de l'ORTF
Épisode 2 :

Les vœux de l'ORTF

59 min
À retrouver dans l'émission

Le premier janvier, au début de l'année 1968, le président de l'ORTF présente ses vœux, France Inter fait appel à des voyantes pour décrypter le futur, France Culture vous parle des enfants, et l'avenir de l'université fait réagir Paul Ricœur.

Wladimir d'Ormesson, président du Conseil d'administration de l'ORTF
Wladimir d'Ormesson, président du Conseil d'administration de l'ORTF Crédits : GEORGES CHEVRIER / INA - AFP

Le 1er janvier, un jour après le président de la République, c'est au tour de Wladimir d'Ormesson, président du conseil d'administration de l'ORTF d'en faire de même. Il évoque à l'occasion le personnel de l'ORTF et célèbre discrètement ceux qui veillent à la moralité des programmes.

Au nom de son conseil d'administration, je voudrais vous offrir aussi chers auditeurs de la Radio-télévision française, les vœux de l'office que j'ai l'honneur de présider. On y travaille beaucoup dans cet office, on cherche à vous apporter ce que vous attendez de lui, c'est-à-dire le délassement, l'information, la connaissance du monde, la culture sous toutes ses formes et sous tous ses aspects. Bref, un enrichissement intellectuel quotidien. Sans doute tout n'est pas de la même qualité, et tout n'est pas parfait, il en faut aussi pour tous les âges et pour tous les goûts. Mais rendez-vous compte de ce que représente le travail qui consiste chaque jour, pendant des heures et des heures à fournir des émissions, toujours différentes, sur les trois chaînes de notre radiodiffusion et sur les deux chaînes de notre télévision. Et cet effort n'arrête jamais ! Et c'est même le dimanche où l'on travaille le plus. Beaucoup d'émissions demandent à être préparée des mois à l'avance, tant elles sont difficiles à mettre au point. Il en va d'autres au contraire où l'actualité impose qu'elles soient plus ou moins improvisées. On dit souvent que l'ORTF est le plus grand théâtre de la nation, mais quel est le théâtre, je vous le demande, qui pourrait ne donner qu'une seule représentation de ses pièces les plus réussies !

En ce début d'année, les prévisions sur son déroulement vont bon train, comme dans un journal parlé où l'on a directement fait appel à des voyantes : 

L'année 1968 va être une année de gestation, d'organisation nouvelle, de loi nouvelle. Il n'y aura pas de guerre mondiale, les points les plus brûlants, les plus éprouvés, les plus dangereux resteront le Vietnam, la Palestine, pendant une partie de l'année. 

La radio fait aussi une large part, en ce premier janvier, aux nouveautés de l'année, tant en matière de social, que d'ouverture de boutique de mode avec celle de Victoire, ancienne modèle d'Yves Saint-Laurent : 

Ah, vous êtes pour l'émancipation de la femme ? Comme quoi tout part de l'intention du couturier : s'il souhaite que la femme soit émancipée, eh bien, elle sera émancipée. 

Sur France Culture, dans la première émission de l'année, il est question des enfants et de leur avenir :

Il y a une chose où les enfants sont vraiment pour, c'est le mariage. J'ai l'impression que toutes les filles qui ne sont pas très jolies vont rester célibataires, mes élèves garçon me disent par exemple, "à 21 ans je me fiancerai avec une très jolie Suédoise" ; un autre "je me marierai avec une brune aux yeux verts", etc. Et ensuite, tous ces mariages dans l'ensemble seront des mariages heureux. Mais une autre constante, où ils sont très violemment contre, c'est le service militaire. Tous ces jeunes gens trouvent d'abord dans l'ensemble que c'est trop long, 6 à 10 mois seraient largement suffisants. Ensuite, ils disent qu'on s'y ennuie et qu'on y perd son temps parce qu'on y apprend pas de métier et que quand on sort de là, on n'en sait pas plus que quand on y est entré.      
Un enseignant sur une enquête sur la façon dont les enfants voient le futur. 

Et dès janvier on parlait de l'Université et de son avenir :

Si l'on évoque en France le terme Université, on ne lui donne guère d'autre signification que l'idée d'enseignement supérieur dans son ensemble, celle-ci évoquant à son tour aussi bien le corps enseignant qu'un certain nombre de bâtisses de style médiocre, tel l'édifice en forme de gare de la rue des écoles, séculairement revêtue du nom prestigieux de Sorbonne.      
La journaliste présentant le sujet

Mais il laissait aussi la parole à Paul Ricœur sur cet avenir :

Il faut que les Universités soient responsables, c'est-à-dire autonomes et en même temps influencées par la société, car le fait étrange de l'Université, c'est qu'à la fois elles ne disposent pas de liberté de manœuvre à l'égard des règles juridiques et administratives, et en même temps elles sont closes. Car après tout, la dépendance de l'état et de l'état Napoléonien avait du bon ! Dans la mesure où cet état était porté par une transformation sociale et était porteur d'idées nouvelles, de catégories sociales nouvelles, etc. Aujourd'hui nous avons un mélange de corporatisme et de gestion administrative étroite, nous voulons tous à la fois une Université responsable à l'égard de la société et à l'égard d'elle-même.  

L'équipe
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