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Tribune des critiques avec Gilles Sandier, Robert Kanters, Michel Polac, Bertrand Poirot Delpech, Pierre Marcabru et Georges Lerminier pour l'émission radiophonique "Le masque et la plume"
Épisode 1 :

"Le Masque et la plume" s'intéresse au situationnisme

59 min
À retrouver dans l'émission

En ce début de l'année 68, les choses se mettent en place, la radio et la télévision commencent à s'intéresser aux situationnistes, aux hippies et aux beatniks. Mais c'était aussi l'année des Jeux Olympiques d'hiver.

Tribune des critiques avec Gilles Sandier, Robert Kanters, Michel Polac, Bertrand Poirot Delpech, Pierre Marcabru et Georges Lerminier pour l'émission radiophonique "Le masque et la plume"
Tribune des critiques avec Gilles Sandier, Robert Kanters, Michel Polac, Bertrand Poirot Delpech, Pierre Marcabru et Georges Lerminier pour l'émission radiophonique "Le masque et la plume" Crédits : BERNARD PASCUCCI / INA - AFP

Dans Le Masque et la plume on s'intéresse dès le 14 janvier 1968 aux situationnistes. 

Pour faire plaisir aux dadaïstes de Nanterre qui sont là, là-haut dans la salle, j'ai pensé vous poser le problème des situationnistes, car paraissent coup sur coup deux livres de deux situationnistes redoutables, dont l'un est monsieur Raoul Vaneigem qui a écrit un Traité de savoir-vivre à usage des jeunes générations. Vous dire ce qu'est le situationnisme j'en suis bien incapable, nous allons essayer d'en parler à cette table car il me semble que c'est important. Quoi que nous disions d'ailleurs, ils nous enverront leur mépris le plus cordial car nous sommes à leurs yeux les salariés de l'ordre établi. On peut les résumer en citant cette phrase du grand poète Keats, qu'ils aiment beaucoup, "Tout ce qui peut être anéanti, doit être anéanti pour que les enfants soient sauvés de l'esclavage". Ce sont donc des nihilistes actifs, des nihilistes révolutionnaires, est-ce que ces formules sont juste approximatives, je ne sais pas.  

Le 17 mars 1968, Le Masque et la Plume se penchait sur le film suédois Je suis curieuse suite à la réaction d'un auditeur leur expliquant n'y avoir rien compris.

On a énormément parlé de ce film avant qu'il sorte, on a fait un lancement insidieux, tant et si bien que tout le monde va voir ce film, qui fait de grosses recettes, et tout le monde y va en cachette, un peu en rasant les murs et en mettant un manteau couleur de muraille. Et ils voient un film absolument anodin, sans aucun intérêt, sans aucune valeur et extrêmement mal interprété parce qu'on a coupé toutes les scènes pornos. Alors ils sortent de là, mais ils n'osent pas dire qu'ils y ont été et qu'ils ont été déçu, si bien que tout le monde se laisse prendre et que finalement ce film qui n'a absolument aucun intérêt marche très bien, alors que l'autre film porno, mais de grande qualité, qui s'appelle "Moi une femme", ne marche pas. 

Claude François, "Cloclo", est toujours d'actualité à la radio qui lui dédie une émission : c'est "Une bouffée de Cloclo"

Notre génération est particulièrement influencée par les groupes américains et par les chanteurs et chanteuses anglais, étrangers d'une façon générale. Du coup j'ai invité tout particulièrement ce soir des chanteurs, des vedettes étrangères, il y aura aussi des Français, mais pour commencer voici des dignes représentants de cette génération, les Hippies !            
Claude François, animateur d'émission radio-télévision improvisé

Dans les Entretiens de Bayonne, France Culture informait, sans pour autant les rassurer, les parents sur ce que c'était donc que ces hippies, ces beatniks :

Qu'il soit vrai ou faux, le beatnik présente toujours au passant une même silhouette : peau grasse, cheveux longs, nu-pieds, une guitare en bandoulière. Le beatnik ère, nez au vent, regard vague, comme s'il poursuivait en chaque ville un rêve entraperçu ailleurs une fois. Tel apparaît-il, petit-fils des vagabonds de jadis, quand il ne mendie pas, quand il ne fait pas la manche comme il dit, ou lorsqu'il ne reproduit point à grands traits sur le trottoir quelques cartes postales. Comment, dans ce désordre affirmé, dans cette telle volonté de vivre en marge, comment deviner le prophète, le révolutionnaire, le réformateur ? Comment le deviner au hasard des routes, des rencontres ? Comment même le supposer ? La tentative paraît vouée à l'échec. Au contraire des jeunes de 36, le beatnik ne se situe point précisément dans un contexte social particulier et précis, politique ou économique. Il refuse de se laisser encercler dans le carcan des revendications syndicales, il ne s'engage pas, il ne fuit pas, il se met en marge, il dévie, comme diraient les sociologues. Il ne monte pas dans le train de la civilisation, il se met littéralement hors de la course, il refuse de jouer le jeu : les congés payés, le travail, l'assurance-chômage, ça ne l'intéresse pas ! 

C'est aussi en 1968 que les Jeux Olympiques d'hiver se passent à Grenoble, où Jean-Claude Killy a déjà reçu deux médailles d'or et qui court pour une troisième.

Le temps total pour les deux manches, 99 secondes, 73 centièmes, maintenant c'est au tour du Suédois de partir.

Mais c'est bien Jean-Claude Killy qui gagna une troisième médaille d'or.
Autre archive, le journaliste Joseph Pasteur qui présente Le Poison, film de Billy Wilder sorti en 1946 :

Vous allez me dire : ce film nous l'avons vu plusieurs fois, aussi bien au cinéma qu'à la télévision. C'est vrai, seulement je vous demande de le considérer ce soir d'un œil neuf, car, d'une part, le poison, c'est-à-dire l'alcoolisme, est toujours un problème d'actualité, vous le savez. Et d'autre part, comme la projection de ce film va être suivie d'un débat sur l'alcoolisme, je crois qu'il est bon que vous regardiez, que nous regardions tous, l'action qui va se dérouler avec un œil très attentif, ceci afin de vous permettre particulièrement de poser tout à l'heure après le film, toutes les questions que vous vous voudrez bien poser aux personnalités qui sont réunies autour de moi ce soir. 

André Halimi quant à lui recevait Serge Gainsbourg pour sa série "Détruisez votre légende".

Cynique ? Ce n'est pas une philosophie, le cynisme. Il y a eu quelques adeptes en Grèce, dont un gars dans un tonneau qui adorait se bronzer. Je n'ai pas une philosophie, mais c'était une attitude. Si je suis cynique ? Certainement ! Pourquoi ? Parce que, dirons-nous, c'est la seule attitude possible avec des gens qui sont absolument étrangers. Tout cynique que je suis, on m'a proposé dernièrement d'écrire la chanson qui serait l'hymne des Jeux Olympiques, on m'a dit qu'elle tirerait à 500 000 exemplaires, j'aurais touché 5 briques. Ça ne m'a pas ému du tout, je ne voyais pas comment l'écrire, je n'aime pas trop le sport sinon regarder quelques rugbymans s'échanger quelques gnons.

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