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Des CRS franchissent une barricade, lors de la fameuse nuit éponyme, le 11 mai 1968
Épisode 2 :

Tout se met en place

59 min
À retrouver dans l'émission

C'est le début, les premiers jours, de la fermeture de la Sorbonne jusqu'à la nuit des barricades, le mouvement se durcit. Dès le 3 mai, plusieurs figures des mobilisations vont se faire arrêter, et le conflit entre dans l'escalade.

Des CRS franchissent une barricade, lors de la fameuse nuit éponyme, le 11 mai 1968
Des CRS franchissent une barricade, lors de la fameuse nuit éponyme, le 11 mai 1968 Crédits : AFP

Chroniques de Mai : une série en sept volets de Dominique Chagnollaud, diffusée pour la première fois sur France Culture en 1988. Suivez avec nous les événements de l'Année 68 au travers d'une mise en abyme documentaire qui reprend les événements de façon chronologique, de la bouche de ceux qui ont fait l'époque. 

Les témoignages : Jacques Tarnero du Mouvement du 22 Mars, Jacques Rémy, étudiant en Sorbonne, Jacques Sauvageot, de l'UNEF, Alain Krivine, des Jeunesse communiste révolutionnaire, Roland Castro de l'Union des Jeunesses communistes marxistes-léninistes, Henri Weber, Ligue Communiste Révolutionnaire, René Andrieu, le rédacteur en chef de L'Humanité, Georges Séguy, secrétaire général de la CGT, Michel Jobert, directeur de Cabinet de Georges Pompidou, Bernard Tricot, secrétaire général du général De Gaulle, Maurice Grimaud, Préfet de police de Paris et Romain Goupil du Comité d'Action Lycéen.

Ça commence avec le meeting de soutien des étudiants de Nanterre, le 3 mai, dans la cour de la Sorbonne : les archives enregistrées sur place donnent à entendre les clefs de la mobilisation : la lutte contre le groupuscule Occident. 

A partir de cela, la réaction des autorités ne se fait pas attendre :

Il se trouve que devant ses 300-400 militants réunis dans la cour de la Sorbonne, le recteur prend peur et appelle la police. Beaucoup des lycéens qui n'étaient pas encore arrivés au rendez-vous voient l'ensemble de leurs dirigeants embarqués dans des cars de police et là commencent à hurler "Libérez-les", "Faites-les sortir" et à cerner les cars.        
Romain Goupil

Les jours suivants, c'est l'escalade, jusqu'à la première nuit des barricades :

Ce n'est qu'à deux heures du matin, que le ministre de l'Intérieur me donne le feu vert pour qu'on engage les opérations de dégagement de toutes ces rues dans l'ensemble du Quartier latin, qui furent des opérations très dures, très violentes, très spectaculaires, dont on se demande encore maintenant comment elles se sont terminées sans mort d'hommes étant donné le paroxysme de violence qu'elles ont connu.        
Maurice Grimaud

C'est un incendie qui met le feu aux poudres. Celui d'un local syndical en Sorbonne par les militants du groupuscule d’extrême droite Occident. Les étudiants de Nanterre vont immédiatement se solidariser et organiser une journée de soutien en Sorbonne. 

La mobilisation inquiète, le recteur fait intervenir la police et ainsi commence l’insurrection, un vendredi 3 mai 1968. Il faut tout de même un petit week-end aux organisations de gauche pour se ressaisir, mais dès le lundi, la stratégie du rapport de forces est appliquée, et le conflit se fait violent (fait hallucinant aujourd'hui, les manifestants chargent les CRS !).

Le lendemain, la "grande marche de Paris" est lancée, les manifestants parcourent la capitale lors d'un défilé de 30 km. A partir de ce moment, les manifestations s'organisent tous les jours, au départ de Denfert-Rochereau et sans parcours vraiment défini. 

Dès le 10, les lycéens rentrent dans la danse. Ce jour-ci, l'appel est général, avec un seul objectif : reprendre la Sorbonne des mains des CRS. Très vite, l'impatience gagne les manifestants, et les premières barrières sont levées au moyen de pavés piochés à même la chaussée grâce aux grilles des platanes parisiens. 

La nuit des barricades commence. Le gouvernement, en plein désarroi en raison de l'absence du Premier Ministre, Georges Pompidou, tarde à donner les ordres. Ce n'est qu'à 2 heures du matin que les CRS lancent leur intervention et que la violence se déchaîne. 

Le directeur de Cabinet de Georges Pompidou, Michel Jobert, racontera un appel tardif avec celui-ci, en visite d'état en Afghanistan. Le Premier Ministre lui demandant : "Est-ce si grave que ça ?" il répondra "plus que vous ne l'imaginez".

Avec les voix de :

Charles de Gaulle - Président de la République

Daniel Cohn-Bendit - Mouvement du 22 Mars

Pierre Grappin - Doyen de la Faculté de Nanterre 

Alain Peyrefitte - Ministre de l'éducation nationale

David Rousset - Journaliste

Georges Vedel - ex-Doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris

Jean Capelle - directeur des lycées au Ministère de l'Education Nationale 

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