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Carte touristique de Paris, 1932

Flâneries parisiennes. 6 arrondissements et des petits métiers insolites

58 min
À retrouver dans l'émission

Où rencontrer un montreur de singes, un éleveur d’asticots, un loueur de viande, un peintre de pieds de dindon, une réveilleuse, un berger en chambre ? A Paris bien sûr ! Du moins, cela était vrai au XIXe siècle… du temps de l'écrivain Alexandre Privat d’Anglemont (1815-1859).

Carte touristique de Paris, 1932
Carte touristique de Paris, 1932 Crédits : VCG Wilson/Corbis - Getty

"Paris a cela de merveilleux que les habitudes de la population d’une rue ne ressemblent pas plus à celle de la population de la rue voisine que les mœurs du Lapon ne ressemblent à celles des peuples de l’Amérique du Sud" écrivait Alexandre Privat d’Anglemont en 1854. Ce troisième volet de cette sélection d'archives consacrée à Paris propose de marcher sur les traces de deux écrivains amoureux de la Ville Lumière...

Léon-Paul Fargue, inlassable arpenteur de Paris

Dans cette archive de 1947, enregistrée quelques semaines seulement avant la mort de l'auteur de Le Piéton de Paris, l'écrivain Léon-Paul Fargue (1876-1947) décrivait en détail l'architecture et les hauts-lieux des six premiers arrondissements de la capitale, et racontait quelques anecdotes au sujet de ses résidents célèbres.

La Montagne Sainte Geneviève

Bâtiments du Collège de France, petits et grands collèges, en extérieur ou en intérieur, cimetières, cloîtrés et reclus, latin parlé, latin écrit… c'est à une visite historique du quartier de la Montagne Sainte Geneviève que nous conviait l'historien Jacques Hillairet (1886-1984) en 1954. Et il évoquait la figure d'Alexandre Privat d’Anglemont (1815-1859), journaliste républicain, anticlérical, né en Guadeloupe, qui se fit l'ethnologue de la vie parisienne sous le Second Empire, et mena, avec humour, désinvolture et une certaine mélancolie, des sortes d'enquêtes dans les quartiers populaires de la capitale.

Paris a cela de merveilleux que les habitudes de la population d’une rue ne ressemblent pas plus à celle de la population de la rue voisine que les mœurs du Lapon ne ressemblent à celles des peuples de l’Amérique du Sud. Vous tournez un coin de rue, et l’aspect change, la population aussi… Les goûts, la manière d’être, les travaux, les industries : rien ne se ressemble. Les habitants de la rue Meslay sont aussi différents de ceux de la rue Saint-Martin diffèrent de ceux que les mœurs douces des petits rentiers de la rue Copeau diffèrent des coutumes bruyantes de leurs voisins de la rue Mouffetard. Un étranger qui aurait passé un jour dans la rue du Croissant sans en sortir qu’on enfermerait dans une voiture pour lui faire faire un long détour pour le déposer dans la rue du Sentier, ne croirait jamais que ces deux rues correspondent ensemble. C‘est ce qui fait l’incomparable supériorité de Paris sur toutes les villes du monde.          
Alexandre Privat d’Anglemont

La rue de la Montagne-Sainte-Geneviève à Paris photographiée en 1865/69 par Charles Marville (1813–1879)
La rue de la Montagne-Sainte-Geneviève à Paris photographiée en 1865/69 par Charles Marville (1813–1879) Crédits : Sepia Times/Universal Images - Getty
  • "Les vieilles pierres du quartier Latin" par Jacques Hillairet. Première diffusion le 22 février 1954 sur la Chaîne Nationale.

Florilège de petits métiers disparus

Connaissez-vous le mont Saint-Hilaire, point culminant du Quartier Latin ? Il paraît qu'au XIXe siècle on y trouvait cuiseuse de légumes, éleveur de fourmis ou d'asticots, vendeuse de rogatons, loueur de viande, et même un berger de chèvres... en chambre ! Dans cette émission "Les inconnus de l’histoire" de 1983, Jean Montalbetti propose un voyage dans le passé de Paris grâce aux portraits d’Alexandre Privat d’Anglemont (1815-1859), auteur de Paris anecdote(Grasset, coll. Les Cahiers rouges)dans lequel ce journaliste et écrivain, ami de Charles Baudelaire, de Gérard de Nerval et de Théodore de Banville, se livre à une description savoureuse de petits métiers extravagants que l'on rencontre dans ce quartier de la capitale, tout près du Collège de France.

Il existe derrière le Collège de France, entre la Bibliothèque Sainte-Geneviève, les bâtiments de l’ancienne Ecole normale, le collège Sainte-Barbe et la rue Saint-Jean du Latran un gros pâté de maisons connu sous le nom de Mont Saint-Hilaire. Ce quartier ressemble à un gigantesque échiquier. Tout emmêlé de petites rues sales et étroites qui se coupent à angle droit et forment de tout petits carrés de maisons adossées les unes aux autres. Dans cet îlot, long d’une centaine de mètres sur 40 de large, on trouve une dizaine de rues toutes vieilles, noires et tortueuses. Le Mont Saint-Hilaire est le point culminant du Quartier Latin. C’est l’extrême limite du pays de la science et de la Montagne Sainte-Geneviève dont il est séparé par une rue et quelques maisons. Mais quelles différences de mœurs, de population et d’industrie !          
Alexandre Privat d’Anglemont

  • Alexandre Privat d’Anglemont dans la série "Les inconnus de l’histoire", une émission de Jean Montalbetti diffusée pour la première fois le 18 novembre 1983.

Bibliographie

Le piéton de Paris

Le piéton de ParisL'Imaginaire / Gallimard, 1993

Intervenants
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