LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le "droit à l'alimentation" est aujourd'hui largement pris en charge par le secteur associatif.

Comment garantir le droit à bien manger ?

29 min
À retrouver dans l'émission

Lors du confinement, nous avons vu des files d'attente s'allonger, interminablement, devant les structures d'aide alimentaires. Si l'existence de ces associations qui prennent à leur charge le problème de la faim est nécessaire, est-ce à dire que le "droit à l'alimentation" est garanti en France ?

Le "droit à l'alimentation" est aujourd'hui largement pris en charge par le secteur associatif.
Le "droit à l'alimentation" est aujourd'hui largement pris en charge par le secteur associatif. Crédits : Martin Bureau - AFP

Depuis plusieurs mois, les associations d’aide alimentaire ont vu leur nombre de bénéficiaires bondir. Du Secours populaire aux restos du Cœur, environ 40% de plus de demandeurs ont afflué par rapport à l’année dernière, si bien qu’en avril, l’Etat a débloqué 39 millions d’euros de plus pour les associations, avant d’ajouter  55 millions pour aider à financer denrées et chèques alimentaires le 1er juillet. Quand on sait qu’en 2018 ils étaient près de cinq millions à avoir recours aux aides, on mesure la gravité et l’importance de ces besoins alimentaires aujourd’hui. C’est pourquoi certains en appellent à la création d’une Sécurité sociale alimentaire : sous quelle forme et à quelle condition ? 

Eric Birlouez, ingénieur agronome et sociologue de l'alimentation : 

Aujourd'hui, on peut vraiment parler de fracture alimentaire. Avant la crise, on comptabilisait plus de 5 millions de personnes qui avaient recours à l'aide alimentaire. Il faut bien voir qu'il y a au moins 3 ou 4 millions de personnes en plus dont la situation justifierait un tel recours et qui n'y ont pas accès , pour différentes raisons. 

Il faut réfléchir aux dispositifs d'aide alimentaire, qui peuvent prendre des formes variables. Mais à ces investissements matériels et financiers, il faut pouvoir associer des investissements immatériels, qui relève de la transmission alimentaire. Ce, en associant les individus pour ne pas leur imposer des injonctions, et en les faisant participer à la définition de ce qu'ils veulent manger. 

Guillaume Garot, ancien ministre délégué à l'agro-alimentaire, aujourd'hui député de Mayenne et défenseur d'une "couverture alimentaire universelle" : 

Il y a un vrai problème dans notre pays sur la qualité de l'alimentation. Sur la question de l'accès, j'en viens à la conclusion qu'il faudrait une couverture alimentaire universelle. C'est un droit fondamental et il faut reconnaître la faim comme un risque social, au même titre que la maladie ou le chômage. Pour cela, la première étape est de sortir d'une vision stigmatisante de la faim et de la pauvreté. 

L'objectif est que personne ne soit privé d'être nourri. On voit encore trop d'inégalités entre les enfants qui mangent à la cantine et ceux qui n'y ont pas accès. La première exigence est de garantir des tarifs sociaux, des tarifs solidaires à tous les enfants . C'est déjà un travail énorme, une bataille culturelle à mener. Et puis il faut voir comment garantir l'accès à des paniers repas à l'ensemble de la population qui en a besoin sur un territoire. Et nous pouvons assortir cela d'une pérennisation, avec les bons alimentaires.

Estelle Tsalavoutas, coordinatrice dans la Maison interculturelle de l'alimentation et des mangeurs/euses (Miam) :

L'alimentation a une fonction culturelle, sociale, économique. Une des priorités est que chacun puisse manger à sa faim, avec une alimentation de qualité. Mais il faut que tout le monde puisse participer à la résolution de ce problème. A la Miam, nous nous demandons comment, à l'échelle des habitants, chacun va trouver une porte d'entrée pour participer à la construction d'une société plus juste, en tout cas sur la question alimentaire. 

Pour aller plus loin : 

Chroniques
12H12
3 min
La Madeleine
Sabine Devieilhe : " Elle est tellement jaune que c'est un soleil"
12H26
3 min
La Cerise sur le gâteau
Cuisines africaines
Intervenants
  • Ingénieur agronome et sociologue de l'alimentation
  • Député-maire PS de Laval, ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire.
  • coordinatrice dans la Maison interculturelle de l'alimentation et des mangeurs/euses (Miam
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Chronique
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......