LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Aujourd'hui, comment s'y retrouver pour trouver et manger du bon poisson ?

Peut-on encore manger du (bon) poisson ?

28 min
À retrouver dans l'émission

Au supermarché ou chez le poissonnier, on s'y perd. Entre le souci de préserver les ressources marines, la difficulté d'identifier la provenance du poisson ou de savoir ce qu'il a pu ingérer, sans parler de l'ennui à se frotter toujours aux mêmes espèces : comment s'y retrouver ?

Aujourd'hui, comment s'y retrouver pour trouver et manger du bon poisson ?
Aujourd'hui, comment s'y retrouver pour trouver et manger du bon poisson ? Crédits : Ross Woodhall - Getty

Pendant le confinement, l’alimentation est apparue comme un sujet de préoccupation majeur pour les Français. De l’autre côté du spectre, les commerces et les métiers dits de bouche ont aussi souffert. C’est le cas notamment des pêcheurs et des poissonniers qui ont subi la fermeture des marchés de plein air et celle des restaurants. Entre difficultés à vendre son poisson, souci de préserver la biodiversité des océans et volonté de manger du bon poisson, plus personne ne semble s’y retrouver : tantôt on nous dit de ne pas acheter de poissons d’élevage car on leur donne n’importe quoi à manger, tantôt de ne pas consommer du sauvage parce qu’ils mangent du plastique. D’où cette question du jour : peut-on encore manger du (bon) poisson et si oui à quelles conditions ? 

Patrick Cadour, auteur culinaire spécialisé dans les produits de la mer, qui vient de faire paraître "De rades en comptoirs" aux éditions de l'Epure. 

On peut manger tous les poissons, en étant aussi raisonnable et sélectif que possible. La meilleure solution est de diversifier les espèces. Il ne faut pas se contenter d'acheter de la sole et du cabillaud. Il faut aussi aller chercher des poissons plus méconnus, qui ont aussi le bon goût d'être moins chers comme le tacaud, le rouget grondin gourdin ou encore le merlan. 

Chez le poissonnier, et encore moins au supermarché, on ne sait rien des méthodes de pêche. Ce qui est un problème, même si de plus de plus de labels attestent de la pêche durable. Après, l'usage qui est fait de ces labels, c'est du marketing : les grandes surfaces ont tout intérêt à les afficher. On ne peut pas pour autant affirmer que ce soit vertueux. 

Gérard Carrodano, patron-pêcheur à La Ciotat, Sentinelle de la mer, directeur de l'association Aquapassion : 

Il y a des variantes dans le milieu naturel. Des espèces ont chuté à une époque puis sont remontées en flèche. Le thon rouge a littéralement explosé dans les cinq à dix dernières années. C'est là que le bât blesse : il y a une privatisation de la ressource au profit des gros, avec cinq familles qui se partagent 94,4 % du quota national. 

Pour moi l'aquaculture est nécessaire. La demande de poissons est trop forte pour aller piocher uniquement dans les stocks halieutiques. Certes, un bar sauvage sera toujours meilleur qu'un bar d'élevage. Mais nous sommes obligés d'avoir de l'aquaculture pour diminuer la pression sur la ressource.   

Charles Guirriec, ingénieur agro-halieute et co-fondateur de l'entreprise Poiscaille, le "circuit court de la mer" : 

Nous proposons la version marine du panier de légume. (...) Nous payons les pêcheurs plus cher, notamment pour les espèces méconnues. Cela incite les pêcheurs à pêcher ces poissons, car les ressources sont souvent abondantes et cela permet de rémunérer les pratiques vertueuse. A l'autre bout, nous permettons d'avoir un poisson ultra frais pour le consommateur. 

Pour aller plus loin : 

Rediffusion du 20/09/2020

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......