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Des enseignants de la faculté de Nanterre se sont associés au rassemblement organisé par l'UNEF place Denfert-Rochereau, à Paris.
Épisode 3 :

Un printemps à Nanterre

58 min
À retrouver dans l'émission

Mai 68, un printemps perdu sans retour ? Jean-Christophe Bailly revient sur ce moment de « pure révolte indivise » où le drapeau de la IVe Internationale trotskiste ne faisait qu'un avec le « drapeau de l'imagination » du Manifeste du surréalisme.

Des enseignants de la faculté de Nanterre se sont associés au rassemblement organisé par l'UNEF place Denfert-Rochereau, à Paris.
Des enseignants de la faculté de Nanterre se sont associés au rassemblement organisé par l'UNEF place Denfert-Rochereau, à Paris. Crédits : UPI / AFP - AFP

"A Nanterre, on se marre, on fait de la politique et la fête" raconte Jean-Pierre Duteuil à propos d'une période d'effervescence qui, avec le mouvement du 22 mars, a donné son impulsion à mai 68. Jean-Christophe Bailly raconte ce moment de "pure révolte indivise" où le "drapeau de la IV Internationale" trotskiste ne faisait qu'un avec le "drapeau de l'imagination" du Manifeste du surréalisme. Du Comité Vietnam National aux happenings des avant-gardes artistiques en passant par la librairie de François Maspéro avec sa "bibliothèque du parfait gauchiste", suivez les pas d'un étudiant de dix-neuf-ans en 1968. 

Le drapeau de la IVe internationale : Léon Trotsky, Programme de transition (1938), « Sous le drapeau de la IVe internationale »

André Breton, Manifestes du Surréalisme (1924), Gallimard, 1966, pp. 11-12

"Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd. L’homme, ce rêveur définitif, de jour en jour plus mécontent de son sort, fait avec peine le tour des objets dont il a été amené à faire usage, et que lui a livrés sa nonchalance, ou son effort, son effort presque toujours, car il a consenti à travailler, tout au moins il n’a pas répugné à jouer sa chance (ce qu’il appelle sa chance!). (…) S’il garde quelque lucidité, il ne peut que se retourner alors vers son enfance qui, pour massacrée qu’elle ait été par le soin des dresseurs, ne lui en semble pas moins pleine de charmes. (…)

Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore. Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fanatisme humain. Il répond sans doute à ma seule aspiration légitime. Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d’esprit nous est laissée. À nous de ne pas en mésuser gravement. Réduire l’imagination à l’esclavage, quand bien même il y irait de ce qu’on appelle grossièrement le bonheur, c’est se dérober à tout ce qu’on trouve, au fond de soi, de justice suprême.

Ce n’est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l’imagination."

Archives

Le doyen Pierre Grappin annonce la fermeture de Nanterre le 02 mai 1968 

Depuis le 22 mars, les événements se sont précipités à Nanterre ; après une première fermeture de l’université le 28 mars (rouverte le 1 avril), réunions libres des étudiants, bagarres (entre extrême-droite et extrême-gauche le 23 avril), meetings houleux (le 25 avril, affrontements internes entre militants de gauche) donnent lieu à la décision finale de fermer l’université pour de bon. Le mouvement se déplace alors à la Sorbonne.

La librairie de François Maspéro, L'étoile de chance 24 juin 1965

Ø  François Maspéro achète en 1957 une librairie, La Joie de lire, au 40, rue Saint-Séverin. La Joie de lire, qui ferme à minuit et où il est possible de lire sur place, va devenir un lieu mythique de la culture contestataire et de la diffusion des livres et revues interdits par la censure. En 1959, il crée les éditions qui portent son nom. Maspero est marqué notamment par le « caractère insoutenable des guerres coloniales », et publie quantité de textes engagés. 

(Happening) Provos 68 - Seize millions de jeunes 01/02/68 ortf    

Extraits filmiques

Loin du Vietnam, 1967, réalisé par Chris Marker (séquences coréalisées par Joris Ivens, Claude             Lelouch, Alain Resnais, Agnès Varda, Jean-Luc Godard et William Klein).

Le péril jeune, C. Klapisch, 1994 (Romain Duris : Tomasi ; Vincent Elbaz : Alain Chabert)

Musiques

Machine Gun, Hendrix

Sour Grapes, The Fencemen

The Dark Tree, Horace Tapscott

Mes universités, Philippe Clay

Chroniques
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5 min
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La place des places
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