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Thibault et Adèle Van Reeth
Épisode 1 :

Explication de texte : Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre III , 15 : Le citoyen contre l’état

51 min
À retrouver dans l'émission

Écoutez la leçon politique de Rousseau aujourd'hui : dès lors que votre intérêt privé passe avant l'intérêt public, l’État court à sa perte. Pour ceux qui passent l'épreuve de philosophie cette année, bénéficiez des meilleurs conseils d'un professeur, qui vous explique ce texte de Rousseau.

Thibault et Adèle Van Reeth
Thibault et Adèle Van Reeth Crédits : MC - Radio France

« Sitôt que le service public cesse d’être la principale affaire des Citoyens, et qu’ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l’État est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat ? Ils payent des troupes et restent chez eux ; faut-il aller au Conseil ? Ils nomment des Députés et restent chez eux. À force de paresse et d’argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie et des représentants pour la vendre.

C’est le tracas du commerce et des arts, c’est l’avide intérêt du gain, c’est la mollesse et l’amour des commodités, qui changent les services personnels en argent. On cède une partie de son profit pour l’augmenter à son aise. Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’esclave, il est inconnu dans la Cité. Dans un État vraiment libre les Citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent : Loin de payer pour s’exempter de leurs devoirs, ils paieraient pour les remplir eux-mêmes. Je suis bien loin des idées communes ; je crois les corvées moins contraires à la liberté que les taxes.

Mieux l’État est constitué, plus les affaires publiques l’emportent sur les privées, dans l’esprit des Citoyens. Il y a même beaucoup moins d’affaires privées, parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais Gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État, que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu. »

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, III, 15, GF Flammarion, 2001, p. 133

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Références musicales

- DJ Vadim, The piano song

- Noir Désir, L'homme pressé

Extrait

- Révolution française, Film de Robert Enrico et Richard T. Heffron (1989)

Emission en partenariat avec Le Monde Campus

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Chroniques

10H50
3 min

Deux minutes papillon

Deux minutes papillon : Lundi 15 mai 2017

Bibliographie

Du contrat socialJean-Jacques Rousseau et Bruno BernardiFlammarion, collection GF, 2012

Intervenants
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