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Adèle Van Reeth et Souleymane Bachir Diagne au salon du Livre Paris

"Bergson postcolonial" par Souleymane Bachir Diagne

50 min
À retrouver dans l'émission

Une émission à écouter jusqu'au bout avec le grand Souleymane Bachir Diagne et notre comédien, Georges Claisse, enregistrée au Salon du Livre, mais aussi une archive surprise en finale.

Adèle Van Reeth et Souleymane Bachir Diagne au salon du Livre Paris
Adèle Van Reeth et Souleymane Bachir Diagne au salon du Livre Paris Crédits : GMS - Radio France

Bergson postcolonial ? Oui ! Découvrez comment Leopold Sedar Senghor et Mohammed Iqbal se sont inspirés de sa pensée et ont transformé l'élan vital en passion politique.

Le texte du jour

« Bien des ouvrages ont paru sur l’âme nègre. Elle demeure forêt mystérieuse sous le vol des avions. (…) C’est d’un confusionnisme tout rationaliste d’expliquer le Nègre par son utilitarisme, quand il est pratique ; par son matérialisme, quand il est sensuel.

Veut-on comprendre son âme ? Faisons-nous une sensibilité comme la sienne. Sans littérature entre le sujet et l’objet, sans imagination au sens courant du mot, sans sujet ni objet. Que les couleurs ne perdent rien de leur intensité, les formes rien de leurs poids ni de leur volume, les sons rien de leur singularité charnelle… Jusqu’aux rythmes imperceptibles apparemment, à toutes les sollicitations du monde, le corps nègre, l’âme nègre sont perméables. Pas à celles du cosmos seulement. Sensibilité morale aussi. C’est un fait noté souvent que le Nègre est sensible aux paroles et aux idées, encore qu’il le soit singulièrement aux qualités sensibles – dirais-je sensuelles ?- de la parole, aux qualités spirituelles, non intellectuelles, des idées. (…)

Sensibilité émotive. L’émotion est nègre, comme la raison hellène. Eau que rident tous les souffles ? « Âme de plein air », battue des vents et d’où le fruit souvent tombe avant maturité ? Oui, en un sens. Le Nègre aujourd’hui est plus riche de dons que d’œuvres. Mais l’arbre plonge ses racines loin dans la terre, le fleuve coule profond, charriant des paillettes précieuses. (…)

La nature même de l’émotion, de la sensibilité du Nègre, explique l’attitude de celui-ci devant l’objet, perçu avec une telle violence essentielle. C’est un abandon qui devient besoin, attitude active de communion ; voire d’identification, pour peu que soit forte l’action, j’allais dire la personnalité de l’objet. Attitude rythmique. Que l’on retienne le mot. »

- Leopold Sedar Senghor, « Ce que l’homme noir apporte » (1939) in Liberté 1, Négritude et humanisme, Seuil 1964, p. 23-24.

Lectures

- Bergson, La pensée et le mouvant, VI « Introduction à la métaphysique » (1903), édition en ligne

- Muhammad Iqbal, Le livre de l’éternité (1932), cité par Souleymane Bachir Diagne dans Comment philosopher en Islam, p. 136 (éditions Philippe Rey, 2014)

Extrait

- Archive Bergson

Evénement:

Colloque « Ovide 2017. Le transitoire et l’éphémère: un hapax à l’ère augustéenne ? », organisé par Gilles Sauron et Hélène Casanova-Robin, avec la collaboration de Marianne Moser. Cette manifestation se tiendra à l’université Paris-Sorbonne, salle des Actes, les 27 et 28 mars 2017.Toutes les informations sur le site de l'université Paris-Sorbonne.

Chroniques

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  • philosophe, professeur de philosophie française et des questions philosophiques en Afrique dans les départements de philosophie et de Français à l’Université de Columbia, directeur de l’Institut d’Etudes africaines
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