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Henri Bergson
Épisode 1 :

À l’origine du vitalisme

58 min
À retrouver dans l'émission

Henri Bergson, dans son premier essai, distingue la durée et l’espace : nous méconnaissons le temps, car au lieu de le vivre, nous le spatialisons. Mais une question restait en suspens : pourquoi ? Dans "Matière et mémoire", paru en 1896, il y répond à travers la pensée du vitalisme.

Henri Bergson en 1927
Henri Bergson en 1927 Crédits : Bettmann - Getty

Matière et mémoire est un essai sur les rapports du corps et l’esprit qui paraît en 1896 et dans lequel Henri Bergson affirme vouloir se placer du point de vue d’un esprit qui ignorerait les discussions entre philosophes…
L’intention est louable, mais l’ouvrage est redoutable tant par sa technicité que par son acuité.
Comment Bergson, le penseur du vivant et de la vie spirituelle, en vient-il à affirmer que notre perception et notre connaissance sont entièrement guidées par le souci de rester en vie ?

L'invité du jour :

Frédéric Worms, philosophe, professeur à l'ENS et directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporain

Si nous déformons le réel à travers l’espace, vivons-nous dans une fiction ?

Dès la première page de l’essai "Matière et mémoire", le mot "image" a donné lieu à beaucoup de malentendus. Pour comprendre, il faut repartir du problème de "Matière et mémoire" hérité du premier livre de Bergson : "Essai sur les données immédiates de la conscience". Il y distinguait le temps (la durée) et l’espace. Pour lui, notre esprit méconnaît le temps parce qu’au lieu de le vivre, il le spatialise. Une question restait cachée : pourquoi ? Dans "Matière et mémoire", Bergson découvre que nous avons besoin de spatialiser pour vivre. Nous sommes des êtres vivants et nous déformons donc le temps réel à travers l’espace. Si nous déformons le réel à travers l’espace, cela veut-il dire que nous vivons dans une fiction ?                        
Bergson joue avec le sens du mot "image", l’image n’est pas dans notre esprit, elle n’est pas une représentation, les images sont les choses-mêmes et nous les sélectionnons pour la représentation, et sélectionner c’est toujours spatialiser. Pour Bergson, le monde est un ensemble de phénomènes, d’images, ou de choses, et mon corps, pour agir, découpe dedans…                        
Frédéric Worms

Michel Serres nous quittait voici un an.
Pour commémorer sa disparition, trois évènements (
cliquer sur ce lien pour vous inscrire) :

évènement Michel Serres
évènement Michel Serres

Textes lus par Eric Herson-Macarel :

  • Extraits de Matière et mémoire, d'Henri Bergson, éditions puf collection Quadrige

Sons diffusés :

  • Chanson de Zizi Jeanmaire, La vie Zizi
  • Extrait du film Docteur, de Tristan Séguéla, 2019
  • Chanson de Romain Didier, La vie c’est rempli d’images
  • Musique de Jimmy Greene, No words
  • Musique de Astor Piazzolla, Las cuatro estaciones porteñas, Verano porteño - arrangement pour marimba

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

Petite métaphysique du dimanche soir
Intervenants
  • Professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, et producteur de l'émission "Matières à penser" sur France Culture
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