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Nicolas Bouvier ( 1929-1998 ) during book fair in Saint Malo.
Épisode 3 :

Le monde de Nicolas Bouvier

58 min
À retrouver dans l'émission

De L'usage du monde au Poisson-Scorpion, de Belgrade à l'île de Ceylan, Nicolas Bouvier fait mieux qu'explorer le monde, il explore les sens, la musique, les langues... pour se découvrir lui-même, jusqu'au dépouillement.

Nicolas Bouvier ( 1929-1998 ) during book fair in Saint Malo.
Nicolas Bouvier ( 1929-1998 ) during book fair in Saint Malo. Crédits : ULF ANDERSEN / Aurimages - AFP

Pourquoi partir ? Comment dire et écrire ce qu'on a vu à travers nos voyages ? Revient-on jamais de ses explorations ? Et surtout, qu'explore-t-on au final ? 

Nicolas Bouvier dit de lui-même qu'il est parti sans raison ou peut être pour échapper à un milieu trop enfermant. Partir pour fuir un chemin déjà tout tracé, explorer le monde, le rencontrer et se trouver soi-même. L'auteur de L'usage du monde, désirait avant tout placer la littérature de voyage dans l'âme des gens...

Exploration avec Nadine Laporte, auteure de Nicolas Bouvier, passeur de notre temps, aux éditions Le Passeur. 

Textes

Nicolas Bouvier, Le Poisson-Scorpion (1982), Chap. II « Le douanier », Gallimard, p. 733-734

Nicolas Bouvier, « Le point de non-retour » (Trébizonde, 1953) dans Chansons d’un compagnon voyageur, Gallimard, p. 827. 

Réflexions sur l'espace et l'écriture (Juin 1989), p1053-1054

Nicolas Bouvier, L’usage du monde (1963), incipit, Gallimard, p. 82, lu par Georges Claisse

Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où ; pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. 

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. 

… Au dos de l’enveloppe, il était encore écrit : « mon accordéon, mon accordéon, mon accordéon ! »

Bon début. Pour moi aussi. J’étais dans un café de la banlieue de Zagreb, pas pressé, un vin blanc-siphon devant moi. Je regardais tomber le soir, se vider une usine, passer un enterrement – pieds nus, fichus noirs et croix de laiton. Deux geais se querellaient dans le feuillage d’un tilleul. Couvert de poussière, un piment à demi rongé dans la main droite, j’écoutais au fond de moi la journée s’effondrer joyeusement comme une falaise. Je m’étirais, enfouissant l’air par litres. Je pensais aux neuf vies proverbiales du chat ; j’avais bien l’impression d’entrer dans la deuxième. 

Archives

Nicolas Bouvier, CD Poussières et musiques du monde (enregistrements de Zagreb à Tokyo)

Musiques

Tastenicko Kolo, asenijevic Rodosav

Chant de la terre, Mahler 

Ballade for Klezmer, Gershwin

Quatuor à cordes en sol min op 10 L 85, animé et très décidé, Debussy

Chanson de fin

Il voyage en solitaire, Alain Bashung

Vidéo

Nicolas Bouvier, dans sa tour de travail à Carouge, en 1996, parle de la dure expérience sri lankaise, face au journaliste Bertil Galland (image: Willy Rohrbach ; son: Nag Ansorge), dans le cadre de la collection Plans-Fixes.

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Intervenants
  • Ecrivaine, professeure à l'Université de Pau, spécialiste de l'auteur Nicolas Bouvier

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