LE DIRECT
Bérénice vue par Charlotte Mo
Épisode 3 :

"Bérénice" de Racine par Julie Brochen

58 min
À retrouver dans l'émission

En 1670, on joue Bérénice de Racine. Antiochus aime Bérénice, qui aime Titus, qui aime Bérénice en retour : ces voix se concertent sur la manière de réunir le désir de l’autre, et soi-même. Sommet de la langue française, la pièce agit sur l’émotion profonde ressentie à l'écoute des mots...

Bérénice vue par Charlotte Mo
Bérénice vue par Charlotte Mo Crédits : copyright Charlotte Mo

Dessin de l'illustratrice Charlotte Mo : Insta @charlottemagicmo et Portfolio

Le 21 novembre 1670, un vendredi à Paris, au théâtre de l’hôtel de Bourgogne, est jouée pour la première fois la tragédie Bérénice, de Jean Racine.
La pièce surprend, ses détracteurs disent qu’il ne s’y passe rien… Pourtant, elle est aimée, acclamée, et Racine saura s’en expliquer :
"Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie" écrit-il dans sa préface. "Il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées et que tous y ressentent de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie…"

L'invitée du jour :

Julie Brochen, metteure en scène et comédienne

Au-delà de l'amour, le désir

Ce que je trouve incroyable dans la pièce, c’est qu’elle ne parle pas de la passion amoureuse ou du sentiment amoureux, ça parle du désir, Bérénice peut prendre toutes les formes, elle est l’émanation de la grâce, elle est aussi l’Orient, elle est l’étrangère, c’est elle qu’on désire, c’est elle qui désire, c’est elle qui met en échec l’ordre et le pouvoir établi de Titus.
Julie Brochen

"Bérénice" nous fait rentrer dans le vers de Racine

"Bérénice" est un sommet de la langue française, un absolu de beauté poétique qui nous fait rentrer dans le vers de Racine. Le trouble, l’accès à l’émotion, c’est le coeur de la pièce, on est chamboulé, changé par le rapport des vers entre eux et ces présences qui sont comme des planètes et qui créent organiquement un monde d’une sensualité absolue et qui parlent de l’impossible désir à conduire l’essentiel... Le désir permet tout, c’est la vie même.
Julie Brochen

La parole, un aveu d'identité

Je crois que la parole, la poésie, la culture, est le seul échange qui nous reste et peut pacifier, fait de nous des citoyens ouverts à toutes les cultures du monde. Il y a quelque chose avec cette pièce, avec la parole, comme si nos poumons s’ouvraient à l’air, ses vers s’impriment dans la chair. Antiochus dit : "parler c’est assez nous contraindre". Comme si l’impossibilité de la parole était le moteur même de cette parole, cet aveu d’être à l’autre essentiel, un aveu d’identité de soi…
Julie Brochen

Sons diffusés :

  • Chanson de Oum Kalthoum, Arouh Le min
  • Extraits de Bérénice, pièce enregistrée à la Comédie-Française le 15 mai 1956, mise en scène par Maurice Escande
  • Musique de fin : Élégie de Jules Massenet, chantée par Feodor Chaliapine

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

Rendez-nous notre espace public !
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......