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 Photographie en noir et blanc de la « baie de Thoreau » (« Thoreau's Cove » en anglais), lieu où l'auteur de Walden édifia sa maisonnette.
Épisode 2 :

Walden ou la Vie dans les bois

59 min
À retrouver dans l'émission

Plongez aujourd'hui dans Walden, vous y découvrirez une œuvre d'une grande profondeur, bien plus riche que la bible écologiste à laquelle on a parfois voulu la réduire.

 Photographie en noir et blanc de la « baie de Thoreau » (« Thoreau's Cove » en anglais), lieu où l'auteur de Walden édifia sa maisonnette.
Photographie en noir et blanc de la « baie de Thoreau » (« Thoreau's Cove » en anglais), lieu où l'auteur de Walden édifia sa maisonnette. Crédits : Detroit Publishing Co

Rediffusion du 25/04/2017 

En 1845, Henry David Thoreau construit sa cabane dans les bois, proche du lac de Walden, et décide d'y vivre pour "sucer toute la moelle de la vie". En quoi ce départ est-il un acte éminemment politique ?

Le texte du jour

« Quand j’ai écrit les pages suivantes, ou la plupart d’entre elles, je vivais seul au milieu des bois, à un mile de mon voisin le plus proche, dans une maison que j’avais construite moi-même, sur la berge du lac Walden, à Concord, Massachusetts, et je gagnais ma vie grâce au seul travail de mes mains. J’ai habité là deux ans et deux mois. A présent, je séjourne de nouveau dans la civilisation.

Je n’aurais pas la présomption de réclamer autant l’attention de mes lecteurs si mes concitoyens ne m’avaient posé des questions très précises sur mon mode de vie, que certains taxeraient d’absurdité, bien que je n’y voie aucune impertinence, mais, compte tenu des circonstances, des questions tout à fait naturelles et pertinente. Quelques-uns m’ont demandé ce que je mangeais ; si je ne me sentais pas seul ; si je n’avais pas peur ; et ainsi de suite. D’autres ont été curieux d’apprendre quelle part de mes revenus je consacrais à des œuvres charitables ; d’autres encore, nantis d’une nombreuse famille, combien d’enfants pauvres j’entretenais. Je demanderai donc à ceux de mes lecteurs qui ne s’intéressent guère à moi de me pardonner si dans ce livre j’entreprends de répondre à certaines de ces questions. Dans la plupart des livres, le Je, ou la première personne, est omis ; dans celui-ci, il sera conservé ; cela, sur le plan de l’égotisme, est la principale différence. Nous oublions souvent qu’après tout, c’est toujours la première personne qui s’exprime. […] Mieux, j’exige, moi, personnellement, de chaque écrivain, grand ou petit, un récit simple et sincère de sa propre vie, et pas simplement ce qu’il a entendu dire de la vie des autres ; le genre de compte rendu qu’il pourrait envoyer d’une terre lointaine à sa famille ; car s’il a vécu avec sincérité, il l’a forcément fait selon moi dans une terre lointaine. »

- Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, 1854, trad. Brice Matthieussent, ( Le mot et le reste, 2010), p.13

Extrait

- Le Cercle des poètes disparus, film de Peter Weir (1989)

Références musicales

- Lou Reed, Walk On The Wild Side

- Glenn Jones, Spokane river falls

- Beak, Battery Point

- King’s Singers, Mother nature’s son

- Robert Mitchum, Walker’s woods

Sandra Laugier
Sandra Laugier Crédits : Anaïs Ysebaert - Radio France

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