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Søren Kierkegaard
Épisode 3 :

Se marier rend-il plus heureux ?

58 min
À retrouver dans l'émission

En 1841, Soren Kierkegaard rompt ses fiançailles avec Régine Olsen. Pourquoi sacrifier un amour aussi passionné ?

Image tirée du film Le Lauréat de Mike Nichols
Image tirée du film Le Lauréat de Mike Nichols Crédits : STARSTOCK/Photoshot - Maxppp

Régine Olsen (1822-1904) et Kierkegaard se rencontrés à un dîner, presque comme tout le monde, un soir de mai 1837. Elle n'a que dix-sept ans, elle est plus jeune que lui, mais déjà, Kierkegaard a le pressentiment que la rupture sera inéluctable. En juillet 1840, il la demande en mariage. Sans donner de raison, il rompt les fiançailles après à peine plus d'un an. Qu’a-t-il pris à Kierkegaard de sacrifier un mariage dont il avait tant fait l’éloge dans ses Journaux ? Parti s'installer à Berlin, Kierkegaard entame une longue réflexion sur les suites de cette décision qui fut, plus qu’une simple rupture, la décision de son existence.

Le texte du jour

« Mes yeux ne se lasseront jamais d’effleurer du regard ces richesses externes, ces émanations propagées par la beauté féminine. Chaque élément en particulier en possède une petite parcelle, tout en étant complet en soi-même, heureux, joyeux, beau. Chacun a le sien : le gai sourire ; le regard espiègle ; les yeux brûlants de désir ; la tête boudeuse, l’esprit folâtre ; la douce mélancolie ; l’intuition profonde ; l’humeur sombre et fatidique ; la nostalgie terrestre ; les émotions non avouées ; les sourcils qui parlent ; les lèvres interrogatives ; le front plein de mystère ; les boucles séduisantes ; les cils qui cachent le regard ; la fierté divine ; la chasteté terrestre ; la pureté angélique ; la rougeur insondable ; les pas légers ; le balancement gracieux ; la tenue langoureuse ; la rêverie pleine d’impatience ; les sourires inexpliqués ; la taille svelte ; les formes douces ; la gorge opulente ; les hanches bien cambrées ; le petit pied ; la main mignonne. Chacune a le sien, et l’une a ce que l’autre ne possède pas. Et quand j’ai vu et revu et contemplé et contemplé encore les richesses de ce monde, quand j’ai souri, soupiré, flatté, menacé, désiré, tenté, espéré, gagné, perdu – je ferme l’éventail, et ce qui était épars se rassemble en une seule chose, les parties se rassemblent en un ensemble. Mon âme alors se réjouit, mon cœur se met à battre et la passion s’enflamme. C’est cette jeune fille-là, la seule du monde entier, qui doit être à moi et qui le sera. »

- Sören Kierkegaard, Ou bien, ou bien, « Le journal du séducteur », 1843

Lectures :

- Sören Kierkegaard, Ou bien, ou bien, « La valeur esthétique du mariage », Robert Laffont, p.490

- Sören Kierkegaard, Vie et règne de l’amour, 1847, Trad. Trad. Pierre Villadsen, Aubier

Extrait

- Prête-moi ta main, film d’Eric Lartigau (2006)

Références musicales

- Jacques Brel, La chanson des vieux amants

- Mozart, Symphonie n°27

- Mozart, Sonate pour piano n°12

Chroniques

10H55
5 min

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