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Les paresseux, Jan Havicksz Steen (1626-1679), Musee de l'Ermitage, Saint Petersbourg
Épisode 3 :

Ode à la fatigue

59 min
À retrouver dans l'émission

Y a-t-il de bonnes et de mauvaises fatigues ? Peut-on en apprécier différentes qualités ?

Les paresseux, Jan Havicksz Steen (1626-1679), Musee de l'Ermitage, Saint Petersbourg
Les paresseux, Jan Havicksz Steen (1626-1679), Musee de l'Ermitage, Saint Petersbourg Crédits : FineArtImage/Leemage - AFP

Dans un monde où la fatigue semble bien plus un mal qu'une vertu, et où elle frappe de plus en plus de nos contemporains, venez écouter aujourd'hui la voix d'Eric Fiat, qui entonne pour nous une ode à la fatigue, afin de montrer que ce terrible compagnon peut en fait aussi bien devenir une voie vers la grâce !

Textes

La Fontaine, Le Lion et le Moucheron, archive extrait de "Ça c'est du Paris", 15 avril 1995

Paul Lafargue, Le Droit à la paresse (1881), lu par Georges Claisse.

Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie trame à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. 

(…)

Plus mes peuples travailleront, moins il y aura de vices, écrivait d'Osterode, le 5 mai 1807, Napoléon. Je suis l'autorité [...] et je serais disposé à ordonner que le dimanche, passé l'heure des offices, les boutiques fussent ouvertes et les ouvriers rendus à leur travail. »

Pour extirper la paresse et courber les sentiments de fierté et d'indépendance qu'elle engendre, on a transformé les ateliers modernes en des maisons idéales de correction où l'on incarcère les masses ouvrières, où l'on condamne aux travaux forcés pendant 12 et 14 heures, non seulement les hommes, mais les femmes et les enfants !

Si, déracinant de son cœur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer les Droits de l'homme, qui ne sont que les droits de l'exploitation capitaliste, non pour réclamer le Droit au travail qui n'est que le droit à la misère, mais pour forger une loi d'airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d'allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

Ô Paresse, prends pitié de notre longue misère ! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines ! 

Extrait filmique

Les Randonneurs, réalisé par Philippe Harel, 1997

Extrait où Eric (Benoit Poelvoorde) explique comment marcher sans se fatiguer !

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