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Catherine Deneuve dans le film Belle de Jour adapté d'une nouvelle de Jossef Kessel et réalisé par Luis Bunuel.
Épisode 3 :

Je souffre donc je jouis

51 min
À retrouver dans l'émission

Nous explorons le paradoxe du plaisir de la souffrance avec la psychanalyste Elisabeth Roudinesco.

Catherine Deneuve dans le film Belle de Jour adapté d'une nouvelle de Jossef Kessel et réalisé par Luis Bunuel.
Catherine Deneuve dans le film Belle de Jour adapté d'une nouvelle de Jossef Kessel et réalisé par Luis Bunuel. Crédits : Sunset Boulevard - Getty

Aujourd'hui, jouissons dans le mal, faisons de la punition une volupté, soyons des pervers sexuels. Sade était-il vraiment fou ? Pourquoi les mystiques absorbaient-elles des déjections corporelles putrides, et comment se faisaient-elles pénétrer par Dieu pour atteindre le sublime ? Qu'est-ce qui concerne la loi, qu'est-ce qui concerne la psychiatrie, et pourquoi jouit-on d'être un objet ?

Le texte du jour

Je voyais près de moi, du côté gauche, un ange sous une forme corporelle. Il est très rare que je voie les anges ainsi. Il n’était pas grand, mais petit et extrêmement beau ; à son visage enflammé il paraissait être des plus élevés parmi ceux qui semblent tout embrasés d’amour. (…) Je voyais donc l’ange qui tenait à la main un long dard en or, dont l’extrémité en fer portait, je crois, un peu de feu. Il me semblait qu’il le plongeait parfois au travers de mon cœur et l’enfonçait jusqu’aux entrailles. En le retirant, on aurait dit que ce fer les emportait avec lui et me laissait tout entière embrasée d’un immense amour de Dieu. La douleur était si vive qu’elle me faisait pousser des gémissements. Mais la suavité causée par ce tourment incomparable est si excessive que l’âme ne peut en désirer la fin, ni se contenter de rien en dehors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle. Elle est spirituelle. Le corps cependant ne laisse pas d’y participer quelque peu, et même beaucoup. C’est un échange d’amour si suave entre Dieu et l’âme, que je supplie le Seigneur de daigner dans sa bonté en favoriser ceux qui n’ajouteraient pas foi à ma parole. Les jours que durait cette faveur, j’étais comme hors de moi. J’aurais voulu ne rien voir et ne point parler, mais savourer mon tourment, car il était pour moi une gloire au-dessus de toutes les gloires d’ici-bas.

- Thérèse d’Avila, Vie écrite par elle-même (1565), autobiographie, traduction de l’espagnol par le père Grégoire de Saint-Joseph.

Lectures

- Thérèse d’Avila, Vie écrite par elle-même (1565), autobiographie, traduction de l’espagnol par le père Grégoire de Saint-Joseph.

- Sade, La philosophie dans le boudoir, 1795, Œuvres, vol. 3, Bibliothèque de la Pléiade, 1998, p.177.

Extraits

- La pianiste, film de Michael Haneke (2001)

- Archive Deleuze-Foucault « Recherche de notre temps » 03/04/1963, INA

Références musicales

- Magali Noel, Fais-moi mal Johnny

- Pierre Henry, Pulsations : Soupirs

- Nacht und träume Arne Deforce: X-XIII - pour violoncelle piano et traitement électronique en temps réel

- The Velvet Underground, Venus in furs

Elisabeth Roudinesco
Elisabeth Roudinesco Crédits : Radio France
Chroniques
10H50
3 min
Deux minutes papillon
"Dracula ou la croisade des Temps modernes. Essai sur la figure de l'étranger" de Farhad Khodabandehlou
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