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Cesare Beccaria
Épisode 4 :

Beccaria, Des délits et des peines

51 min
À retrouver dans l'émission

En compagnie de Philippe Audegean, découvrez ou redécouvrez le texte passionnant des Délits et des peines de Beccaria.

Cesare Beccaria
Cesare Beccaria

Cesare Beccaria est le grand fondateur du droit pénal moderne. Dès 1764, il défait le crime de la question du péché religieux, il montre l'importance de proportionner les délits et les peines, mais plus encore, il est le premier à remettre en cause la torture et la peine de mort.Pour sortir d'une société fondée sur la souffrance et la vengeance, et imaginer une société plus "humaniste", le philosophe milanais nous invite à adoucir les sanctions, et à punir de manière mesurée et rationnelle.

Le texte du jour

« La peine de mort est inutile en raison de l’exemple d’atrocité qu’elle donne aux hommes. Si les passions ou la nécessité de la guerre ont appris à verser le sang humain, les lois, modératrices de la conduite des hommes, ne devraient pas multiplier cet exemple féroce et d’autant plus funeste que la mort légale s’entoure de formalités mûrement réfléchies. Il me paraît absurde que les lois, qui sont l’expression de la volonté publique, qui détestent le meurtre et le punissent, en commettent un elles-mêmes, et que, pour éloigner les citoyens de l’assassinat, elles ordonnent un assassinat public. Quelles sont les véritables et les plus utiles lois ? Les pactes et les conditions que tous voudraient observer et proposer, lorsque la voix toujours écoutée de l’intérêt privé se tait ou se concilie avec l’intérêt public. Quels sont les sentiments des gens sur la peine de mort ? Lisons-les dans les gestes d’indignation et de mépris qu’inspire à chacun la vue du bourreau, qui est pourtant un innocent exécuteur de la volonté publique, un bon citoyen qui contribue au bien public, l’instrument nécessaire de la sûreté publique intérieure, comme le sont nos valeureux soldats à l’extérieur. Quelle est donc l’origine de cette contradiction ? Pourquoi ce sentiment est-il indélébile, alors même qu’il est contraire à la raison ? Parce qu’au plus secret de leur âme, dans cette part d’eux-mêmes qui, plus que toute autre, conserve encore la forme originelle de l’ancienne nature, les hommes ont toujours cru que leur vie n’est au pouvoir de personne d’autre que la nécessité, qui dirige l’univers sous son sceptre de fer. »

- Beccaria, Des délits et des peines Payot-Rivages 2014, pp 137-139

Extrait

- Archives Discours de Robert Badinter, 1981

Références musicales

- Mozart, Don Giovanni, Acte II, scène 5

- Marilyn Mazur, Creature walk

- La main vide, Bâton de pluie, 2ème partie

- Edith Piaf, Le roi fait battre tambour

Philippe Audegean
Philippe Audegean Crédits : MC - Radio France

Emission en partenariat avec Philosophie magazine

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Chroniques
10H50
2 min
Deux minutes papillon
"Le mythe de la singularité. Faut-il craindre l'intelligence artificielle ?" de Jean-Gabriel Ganascia
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