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 Le Verrou, 1776-1779, huile sur toile, 71x92cm. Louvre, Paris.
Épisode 3 :

Qui ne dit-mot consent-il vraiment ?

58 min
À retrouver dans l'émission

A quoi s'engage-t-on en donnant son consentement ?

Vote à main levée au bundestag
Vote à main levée au bundestag Crédits : ODD ANDERSEN / AFP - AFP

Chacun connaît le proverbe : "qui ne dit mot consent". La réalité résiste à la simplicité de la formule. Que dire lorsqu'elle devient la règle en politique ! Le consentement semble faire partie des évidences qui rendent possible la vie en démocratie, mais est-il normal d'accepter les décisions de la majorité sans y avoir participé ? Qu'est-ce que donner son consentement à une décision politique ? Est-ce s'engager à la respecter, ou bien donner la permission à d'autres de décider à sa place ?  A moins que quelqu'un si oppose, c'est Philippe Urfalino, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS qui tentera d'éclairer ces questions indispensables à la démocratie, avec l'aide de Locke, Hume et Mandela.

La question du consentement c'est le problème de la signification de l'approbation. Est-ce que l'approbation est explicite ou est-ce que l'on peut interpréter l'absence d'expression comme une approbation tacite ? Philippe Urfalino 

Le texte du jour

"Lorsqu'un certain nombre d'hommes ont, grâce au consentement de chaque individu, formé une communauté, ils ont par là même fait de cette communauté un corps, doté d'un pouvoir d'agir en tant que corps, ce qui n'est possible que par la volonté et la décision de la majorité. Car ce qui fait agir une communauté quelconque, ce ne peut être que le consentement des individus qui la composent ; et puisqu'il est nécessaire à ce qui constitue un corps de se mouvoir dans une seule direction à la fois, il est nécessaire que ce corps se meuve dans la direction où l'emporte la force la plus grande, c'est-à-dire le consentement de la majorité ; dans le cas contraire, il est impossible qu'il agisse ou qu'il continue de former un corps ou une communauté, ce que la volonté de chaque individu qui s'y était joint avait pourtant voulu qu'il soit ; ainsi, chacun est obligé, par ce consentement, de se soumettre à la majorité. C'est pourquoi nous voyons que, dans les assembles auxquelles des lois positives donnent le pouvoir d'agir, lorsque la loi qui leur confère le pouvoir ne fixe aucun quantum, la décision de la majorité passe pour la décision de l'ensemble. (…) Car si le consentement de la majorité n'est pas reçu en raison comme l'acte de l'ensemble, et s'il n'oblige pas chaque individu, seul le consentement de chaque individu pourra faire qu'un acte passe pour l'acte de l'ensemble ; mais un tel consentement est presque impossible à obtenir jamais."

John Locke, Second traité du gouvernement civil, 1690, chapitre 8, PUF, p.71

Hume conteste l'idée du contrat originel. Il met en cause la pertinence du consentement tacite pour fonder l'obligation politique, et plus largement la pertinence du consentement pour penser l'obligation politique. Philippe Urfalino 

"Il faut distinguer le consentement à l'égard des règles de décision ou des institutions de la politique et le consentement à l'égard des décisions elles-mêmes." Philippe Urfalino 

Lectures 

John Locke, Second traité du gouvernement civil, 1690, chapitre 8, PUF, p.71

Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, 1995, « Une enfance à la campagne », p.27-28

La reine Margot, film de Patrice Chéreau (1994)

Références musicales 

Stephane Schrader, Karawane

Yvon Etienne, Les réunions

Chroniques
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6 min
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Aux larmes, philosophes !
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