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Max Horkheimer (au premier plan, à gauche), Theodor Adorno (au premier plan, à droite), et Jürgen Habermas en arrière-plan, à droite, en 1965 à Heidelberg
Épisode 2 :

Adorno et Benjamin en guerre contre la Kulturindustrie

58 min
À retrouver dans l'émission

Comment la réflexion autour des objets culturels s’insère-t-elle dans la pensée de l'École de Francfort ? Qu’est-ce que l’industrie culturelle ? Walter Benjamin et Theodor W. Adorno y ont-ils vu l’accomplissement de leurs craintes : le caractère indissociable de l’oeuvre à la sphère économique ?

Theodor W. Adorno et Walter Benjamin
Theodor W. Adorno et Walter Benjamin Crédits : ullstein bild - Getty

Première diffusion de cette émission le 19/11/2019, et première diffusion du Journal de la philo de Géraldine Mosna-Savoye, en fin d'émission, le 19/11/2019, à réécouter ici :

L'invitée du jour :

Julia Christ, philosophe, chargée de recherche au CNRS dans le Laboratoire interdisciplinaire d’études sur la réflexivité (LIER-Fonds Yan Thomas, EHESS)

Qu'est-ce que l'industrie culturelle pensée par Benjamin et Adorno ?

Il y a souvent une confusion sur les termes liés à l'industrie culturelle, parce qu'on on a souvent pensé que c'était une critique de la culture de masse, mais il faut d'abord distinguer plusieurs termes : l'œuvre d'art ou ce qu'Adorno et Benjamin appellent la culture bourgeoise ; l'industrie culturelle, qui est l'adversaire ; la culture populaire qui est encore autre chose ; et la culture prolétarienne qui émerge dans les années 20 avec ce que Brecht essaie de faire par exemple. Cette culture prolétarienne est très peu traitée par Adorno et Benjamin, l'espoir que la culture prolétarienne pourrait créer un sujet révolutionnaire n'est pas vraiment pris en considération. La culture populaire est un peu traitée, sous forme de perte de tradition. Les auteurs disent qu'elle est encore quelque chose qui s'opposait à la logique capitaliste, à la rationalité bourgeoise, mais qu'elle est justement récupérée par la culture industrielle, donc par une culture qui est produite industriellement. Pour ces auteurs, l'œuvre n'est plus du tout le produit d'un individu créateur comme l'oeuvre d'art, ni l'expression pour ainsi dire du peuple qui créerait quelque chose, mais c'est une standardisation de l'œuvre, c'est une industrie, le produit ne sert plus à rien d'autre qu'à générer du profit. L'industrie culturelle? Elle produit des œuvres culturelles dites culturelles à des fins de génération de profit.    
Julia Christ

Texte lu par Hélène Lausseur :

  • Extrait du Caractère fétiche dans la musique et la régression de l'écoute, de Theodor W. Adorno, 1938, éditions Allia

Sons diffusés :

  • Chanson de Queen, Love of my life
  • Extrait du court-métrage Plane Crazy, de Walt Disney et Ub Iwerks, 1928
  • Lecture d'Adèle Van Reeth du livre Expérience et pauvreté d'Adorno, 1933
  • Archives d'Adorno, RTF, L'Homme dans un milieu en pleine évolution, 21/09/1963, ponctuées par une Pièce pour piano d'Adorno
  • Chanson de fin : Caterina Valente, Kismet
Intervenants
  • philosophe, chargée de recherche au CNRS dans le Laboratoire interdisciplinaire d’études sur la réflexivité (LIER-Fonds Yan Thomas, EHESS)
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

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