LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Raymond Aron en 1983
Épisode 4 :

Faut-il dire adieu aux armes ?

58 min

Pourquoi une telle présence des thèmes de la guerre et de la paix dans la philosophie de Raymond Aron ? Etait-il le penseur d'une paix durable entre les nations ou au contraire celui d’un réalisme froid poussant les Etats à s’affronter sur l’échiquier international ?

Raymond Aron
Raymond Aron Crédits : Sophie Bassouls/Sygma - Getty

Sur l'épée d'académicien de Raymond Aron étaient inscrits ces mots d'Hérodote : "Nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix".
Quoi de plus normal que de se rappeler cette phrase quand on a assisté aux grands conflits du XXème siècle : guerres mondiales, bombe atomique, guerre froide ou guerre du Vietnam ? Quoi de plus sensé que de vouloir la paix plutôt que la guerre ?
Mais c'était bien sûr sans compter sur l'ironie d'Aron qui n'hésitait pas à ajouter que rien n'était vrai dans cette affaire : contre toute attente et contre nos élans premiers, Aron nous pousse à nous demander : et s'il était plus raisonnable de préférer la guerre à la paix, et si c'était précisément une question de raison ?

L'invité du jour :

Jean-Vincent Holeindre, professeur de science politique à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas et directeur scientifique de l'IRSEM (Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire)

La guerre au coeur de la vie d'Aron

La vie de Raymond Aron elle-même se confond avec le XXème siècle des guerres. Aron est né en 1905, meurt en 1983, il est donc enfant pendant la Première Guerre mondiale qui ouvre le siècle sur une boucherie. Ensuite, il soutient sa thèse en 1938, juste après l'Anschluss et donc au seuil de la Deuxième Guerre mondiale. Et puis, évidemment, l'âge de la maturité se confond avec l'âge de la guerre froide. Raymond Aron est l'auteur de ce fameux adage à propos de la guerre froide : "Paix impossible, guerre improbable" pour dire que justement, avec l'arme nucléaire, il ne peut pas y avoir de guerre parce que sinon, nous allons tous disparaître. Mais en même temps, la paix est impossible parce qu'il y a un affrontement idéologique très fort entre l'URSS et les Etats-Unis, et Aron, on le sait, s'est engagé auprès des Etats-Unis parce qu'ils incarnaient la démocratie libérale. La guerre a donc été au centre de la vie de Raymond Aron et évidemment, il en a fait son objet d'étude parce qu'il s'était donné l'objectif, sur le plan intellectuel, de penser l'histoire en train de se faire, et l'histoire en train de se faire au XXème siècle, c'est en grande partie la guerre... Jean-Vincent Holeindre

La paix, un état fragile d'absence de guerre ?

Raymond Aron nous dit qu'il faut vivre avec la possibilité de la guerre et il faut que les démocraties construisent une défense nationale qui leur permette de se défendre en cas d'agression. Pour lui, les démocraties, pendant l'entre-deux-guerres, ont dit "plus jamais ça" par rapport à la situation de la Première Guerre mondiale, et les démocraties se sont mises politiquement en situation de vulnérabilité par rapport à la montée en puissance du nazisme. Concernant la paix, ce n'est pas simplement pour Aron l'absence de guerre, mais une construction politique, une manière de construire les relations pacifiées. Il parle de pacification des relations internationales, beaucoup plus qu'il ne parle de paix. Il ne croit pas à une paix morale. Il croit à une paix comme il croit au traité.  
Jean-Vincent Holeindre

Textes lus par François Raison :

  • Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, 1962, pages 58-59
  • Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, “Anatomie de l’action”, 1962, page 686

Sons diffusés :

  • Mix de début d'émission par Louise André : avec un interview de Raymond Aron en 1959, extrait du film Full Metal Jacket de Stanley Kubrick (1987), chanson de MC Paul Barman, Art Of War, Chanson de Blondie, Atomic 
  • Archive de Raymond Aron dans Dialogues, France Culture, 10 mai 1977 
  • Archives de Raymond Aron dans Paradoxes, France Culture, 04 mai 1971
  • Musique de Funkadelic, March to the Witch’s castle
  • Chanson de fin : Kate Bush, Army Dreamers
Chroniques
10H52
3 min
Le Pourquoi du comment : Philo
La chanson " Let it be " peut-elle nous consoler ?
Intervenants
  • professeur de science politique à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas et directeur scientifique de l'IRSEM (Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire)
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......