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Raymond Aron en 1983
Épisode 2 :

Comment Tocqueville a libéré Aron

58 min

Raymond Aron fut un lecteur tardif de Tocqueville, que lui a-t-il apporté ? Comment sa pensée a-t-elle aidé Aron à définir son libéralisme ? Quel enseignement tirer de leur conception de la liberté ?

Raymond Aron en 1966
Raymond Aron en 1966 Crédits : Erling MANDELMANN - Getty

Peu de choses semblent à la fois aussi vagues et idéales mais aussi concrètes que la liberté.
Peu de courants semblent à la fois aussi séduisants et aussi détestables que le libéralisme.
On se bat pour la liberté autant qu'on combat son idéologie... tout en s'y soumettant.
Telle est la difficulté de cet impératif qui anime le moindre de nos mouvements, de nos choix et la moindre de nos conversations.
Comment être libre ? Comment rester libre dans un monde uniforme mais où l'égalité ne sera jamais parfaite ? Si la démocratie ne garantit pas nos libertés, comment faire ?
Pour Raymond Aron, le libéralisme reste la seule et unique réponse. Mais encore faut-il savoir le définir... et pour cela, un détour par Alexis de Tocqueville ne sera pas de trop.

L'invitée du jour :

Françoise Mélonio, professeure émérite de littérature à Sorbonne Université, secrétaire scientifique de commission de publication des oeuvres de Tocqueville, spécialiste en histoire politique et histoire des idées

Un lecteur de Tocqueville tardif

Aron est un lecteur assez tardif de Tocqueville, il le lit à la fin des années 50. Il y a une convergence très forte avec Tocqueville, une parenté, mais ce n'est pas lui qui forme la pensée politique de Aron, et on peut s'en étonner parce que Tocqueville n'est pas inconnu dans l'après-guerre jusqu'à la fin des années 50. Des générations d'étudiants ont étudié les grandes œuvres politiques, l'œuvre de Tocqueville. Pourquoi n'a-t-il pas rencontré Tocqueville plus tôt ? Il aurait pu...          
Françoise Mélonio

Le retour de Aron

Je pense que ce qui attire l'intérêt sur Aron aujourd'hui, c'est sûrement son insistance sur le système représentatif, sur toutes ces formes par lesquelles l'individu obtient non seulement des garanties, mais la possibilité de participer au pouvoir, alors que précisément, ces formes sont en péril aujourd'hui. Et donc, il y a chez Aron une valeur d'avertissement que l'on redécouvre.        
Françoise Mélonio

Un renard et un hérisson

Entre Tocqueville et Aron, l'un est un renard et l'autre est un hérisson, pour reprendre une distinction qu'avait introduite Isaiah Berlin, une des grandes figures du libéralisme, et que Stanley Hoffmann applique à ce couple. Et voilà la définition qu'il en donne : si le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n'en sait qu'une seule, mais elle est grande. Le hérisson c'est indiscutablement Tocqueville qui ne sait qu'une chose et qui n'a qu'une seule question, Aron dit que sa force c'est une diversité inépuisable à développer des idées apparemment simples et, au fond, une seule idée. Et de fait, toute la vie de Tocqueville tourne autour d'une seule question : l'égalité au sens social du terme est quelque chose d'irrésistible, providentiel, dit-il. En revanche, ce qui n'est pas déterminé ni fatal, c'est la forme politique qui accompagne cette égalité sociale et qui peut être soit libérale, soit despotique.  
Françoise Mélonio

Textes lus par François Raison :

  • Lettre d’Alexis de Tocqueville à Arthur de Gobineau, 24 janvier 1857
  • Raymond Aron, La révolution introuvable, entretien avec Alain Duhamel en 1968, éditions Calmann Lévy, pages 30-31

Sons diffusés :

  • Mix de début d'émission par Louise André avec : une présentation de Tocqueville par Raymond Aron, dans une émission de télévision du 7 février 1963 ; extrait du film Hair (1969) de Milos Forman ; archive de Raymond Aron, dans Les après-midi de France Culture, 12 mars 1976 ; chanson de Josh White, Freedom Road ; archive de De Gaulle, Les Accords d’Evian, 1962
  • Chanson de Patrice Gauthier, Liberté
  • Archive de Raymond Aron, dans Les après-midi de France Culture, 20 février 1980
  • Chanson de fin : Idir, Tagrawla
Chroniques
10H52
3 min
Le Pourquoi du comment : Philo
Peut-on choisir d’être ou de ne pas être ?

Bibliographie

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