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Henri Bergson
Épisode 4 :

Métaphysique du mouvement

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans le quatrième chapitre de "Matière et mémoire", Bergson nous reconduit à la matière, point de départ de l’essai, pour tenter de surmonter le dualisme apparu au fil des chapitres, mais sans l’annuler. Et pour ce faire ? Il élucide la sensation du mouvement, l'intérêt même de la matière...

Métaphysique du mouvement
Métaphysique du mouvement Crédits : Malte Mueller - Getty

Dans l’avant-propos de Matière et mémoire, Bergson écrit : “ce livre affirme la réalité de l’esprit, la réalité de la matière, et essaie de déterminer le rapport de l’un à l’autre sur un exemple précis, celui de la mémoire”.
Distinguer l’esprit d’un côté, et la matière, de l’autre, c’est ce qu’on appelle le dualisme. C’est cette thèse que tout le livre va s’efforcer de dépasser…
Dans le quatrième chapitre, Bergson pose la question de l’union de l’âme et du corps en affirmant que la réalité de la matière constitue la réalité de l’esprit… mais comment est-ce possible ? Comment la matière et l’esprit peuvent-elles être de même nature ?
Pour y répondre, Bergson va proposer une analyse du mouvement qu’il va redéfinir en terme de durée. Corps, esprit, mouvement et durée, bienvenue en terres bergsoniennes…

L'invité du jour :

Elie During, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris Nanterre

Mouvement de la matière, mouvement de la vie intérieure ?

Bien compris, le mouvement de la matière peut être envisagé dans un caractère de continuité mélodique, quelque chose qui a de l’analogie avec le mouvement de la vie intérieure. Le chapitre 4 tente de construire cette analogie de façon systématique en nous replongeant dans le milieu lui même mouvant des sensations attachées à la matière.        
Elie During

Dépasser l'héritage cartésien

Bergson se débat avec un héritage post-cartésien qui a maintenu la matière dans une position d’extériorité si absolue par rapport à l’esprit qu’à la fin, tout se renverse, c’est le mouvement même de l’idéalisme : on s’aperçoit que ce qu’on voulait maintenir dans son extériorité, dans son étrangeté à l’esprit, se résout en idée. Il y a l’exemple du morceau de cire chez Descartes : si on veut chercher à connaître la matière singulière de ce morceau de cire, Descartes dit qu’il faut faire abstraction des qualités sensibles (odeur, goût…) et se concentrer sur ce qui constitue l’unité purement intelligible de ce morceau de matière désigné comme un corps (extérieur à l’esprit, ce n’est pas une idée) : une substance étendue en largeur, longueur et profondeur. Pour Bergson c’est intolérable, cette situation réduit la matière à ce qui en est pensable : l’étendue. Bergson veut réhabilier l’expérience de la matière vécue en y réincorporant d’emblée toutes les qualités sensibles mises en suspens par Descartes. Une raison importante d’entamer ce chapitre 4 à partir d’une analyse du mouvement de la matière c’est d’essayer de dépasser cette position cartésienne qui revient à mettre la matière loin de nous, qui devient une pure idée.        
Elie During

Textes lus par Eric Herson-Macarel :

  • Extrait de La pensée et le mouvant, d'Henri Bergson
  • Extraits de Matière et mémoire, d'Henri Bergson, aux éditions GF

Sons diffusés :

  • Extrait du film At Eternity's Gate, de Julian Schnabel
  • Archive de Bergson, 3 juin 1936
  • Musique de Chostakovitch, Concerto n°1 pour piano et trompette
  • Musique de Claude Debussy, Children’s corner, the snow is dancing
  • Chanson de Janis Joplin, Move over

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  • Philosophe, maitre de conférences à l'Université de Paris X-Nanterre
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