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Portrait de Gaston Bachelard, photographié chez lui à Paris, le 6 novembre 1961
Épisode 4 :

S’enivrer au coin du feu

59 min
À retrouver dans l'émission

Avant d’être le philosophe-poète de la rêverie, Bachelard, scientifique, s’intéresse à l’élément qui résista longtemps à toute explication : le feu, fil rouge de sa pensée et de sa vie, miroir de l’homme, intime, universel, vecteur de vie et de destruction. Comme une métaphore de l’existence ?

Le feu est-il l'élément qui ressemble le plus à l'homme, qui incarne le mieux ses aspirations, ses désirs et ses dérives, ses forces et ses vulnérabilités ?
Le feu est-il l'élément qui ressemble le plus à l'homme, qui incarne le mieux ses aspirations, ses désirs et ses dérives, ses forces et ses vulnérabilités ? Crédits : copyright Anaïs Ysebaert

Dessin de Anaïs Ysebaert : Insta @anais.ysebaert

N’allez pas croire que parce que Bachelard aime la poésie et accorde une place centrale à la respiration et à la rêverie, il serait déconnecté du monde et dégoûté par le travail scientifique de la raison. C’est exactement l’inverse, Bachelard est aussi l’auteur Du nouvel esprit scientifique qui réfléchit sur le déterminisme et sur la notion de révolution en science, et si le feu l’intéresse c’est précisément parce que pendant longtemps celui-ci a résisté à l’explication scientifique…

"Je mangeais du feu, je mangeais son or, son odeur et jusqu'à son pétillement tandis que la gaufre brûlante craquait sous mes dents. Et c'est toujours ainsi, par une sorte de plaisir de luxe, comme dessert, que le feu prouve son humanité."

L'invité du jour

Vincent Bontems, philosophe des sciences et des techniques, chercheur au CEA (commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives)

Le feu, fil rouge d'une vie

Le feu accompagne Bachelard toute sa vie. C'est un élément qui est la métaphore d’une existence : un feu naît, croît, se consume, décline et s’éteint. Il présente toutes les polarités et la richesse des grandes images, symbole de vie et de mort, d’amour et de danger, une richesse qu’on trouve aussi dans les autres grandes images qui structurent et peuplent nos imaginaires mais qui a de particulier qu'il est un objet de méditation constante pour qui vit à son contact : Bachelard est né à la fin du 19ème siècle, meurt en 1962, il aura vu la transformation d’une France à sabots en une France à piles atomiques, et toute sa vie, il aura plaisir à allumer avant l’aube une bougie pour lire de la poésie au petit matin. On peut penser que c’est ce style d’expériences qui font le fil de son existence et du lien avec les générations précédentes.  
Vincent Bontems

Textes lus par Vincent Schmitt : 

  • Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu, chapitre 1, éditions Gallimard
  • Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu, chapitre 6, éditions Gallimard (avec une musique du Central Philarmonic Society of China dirigé par Han Zhongjie et Yuan Fang, A concert from China, Evening party)

Sons diffusés :

  • Archive de Bachelard, du 8 novembre 1952, dans Des idées et des hommes, avec Jean Amrouche
  • Archive de Bachelard, du 28 novembre 1961, interview par Roger Pillaudin
  • Lecture d’Adèle Van Reeth du texte de Bachelard, Fragments d’une poétique du feu (avec une musique de Seabuckthorn, A house with too much fire)
  • Chanson de fin : Nitta Jo, J’ai soif
Chroniques
10H52
4 min
La Chronique d'Aurélien Bellanger
Bourdieu n’est-il qu’un héritier de Hegel ?

Bibliographie

Intervenants
  • philosophe des sciences et des techniques, chercheur au CEA (commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives)
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