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Claude Chabrol sur le tournage du film "Le Cheval d'orgueil" en 1979
Épisode 1 :

Que faire de la bête qui dort en nous ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Plongée dans le cinéma abominable et sublime de Claude Chabrol, l'entomologiste du réel, en commençant par "Le Boucher", film grotesque sorti en 1970, qui cherche à révéler toute la vérité sur les rapports humains. Qui sommes-nous, face à ce spectacle monstrueux ?

Jean Yanne et Stéphane Audran dans "Le Boucher" 1970
Jean Yanne et Stéphane Audran dans "Le Boucher" 1970 Crédits : Artédis / Les Films de la Boétie

"Mon grand plaisir, c'est de révéler l'opacité", lance Claude Chabrol quand on l'interroge sur le moteur qui le fait réaliser des films pour le cinéma et la télévision à un rythme effréné.
L'opacité des journées sous le brouillard où les scènes quotidiennes s'enchaînent sans lumière et sans joie, le quotidien comme surface d'ennui qui cache des gouffres de malaise et d'angoisse ?
L'opacité morale des personnages, dont on ne sait presque jamais ce qui les pousse à agir, à commettre des crimes ou à tomber amoureux des criminels ?
L'opacité d'une nouvelle vague indéfinissable qui fait le plaisir d'une génération qui souhaitait tourner le dos à l'académisme ?
Ou la fausse opacité des rapports de classe qui recouvre une insolence transparence qui, là encore, conduit au meutre ?
Claude Chabrol réveille la bête qui sommeille en vous, et attention, ça peut faire très mal...

L'invitée du jour :

Hélène Frappat, écrivaine et critique de cinéma

Chabrol, le Fritz Lang français

Chabrol se présentait comme un entomologiste, il y avait quelque chose dans son art de la mise en scène, une manière d’observer l’être humain comme un insecte. Une question traverse toute l’oeuvre de Chabrol, et qui en fait pour moi le Fritz Lang français : non pas “qui a tué ?” mais “qui est celui qui a tué ?”. Chabrol a toujours dit que l’écran de cinéma était un miroir et que ce que le spectateur y voyait, c’était lui-même. Toute l’oeuvre de Chabrol nous renvoie à cette question : qui suis-je, moi, être humain, qui regarde ce meurtrier sur l’écran ? Ce serait trop simple de rejeter le meurtrier dans le camp des monstres, et s’en détacher comme si l’écran nous en coupait alors qu’il nous en rapproche…
Hélène Frappat

Sons diffusés :

  • Extraits du film Le Boucher, de Claude Chabrol, 1970
  • Archive de Claude Chabrol, dans Le Masque et la Plume, 15/02/1970
  • Extrait du film Que la bête meure, de Chabrol, 1969, avec Jean Yanne, Michel Duchaussoy, Caroline Cellier
  • Archive de Claude Chabrol, dans Les étoiles du cinéma, France Inter, au micro de André Asseo, 10/08/2002
  • Archive de Claude Chabrol au micro de Francis Colnot, dans Atout Cœur, 02/04/1994 
  • Archive de Claude Chabrol sur le tournage du Boucher, 1969, INA
  • Musique de fin : Capri petite île, chanson du début du film Le Boucher, de Chabrol, chanson écrite par Dominique Zardi et interprétée par Antonio Passalia

Chroniques

10H52
3 min

La Chronique d'Aurélien Bellanger

Faut-il absolument avoir des yeux pour voir ?

Bibliographie

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