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Donald Trump devant le mont Rushmore le 3 juillet 2020.
Épisode 2 :

Les mots qui fâch(isme)

58 min
À retrouver dans l'émission

Pour la philosophe Susan Brison, les mots de Donald Trump fâchent… jusqu’au fascisme. Le langage est pour elle le premier pas vers l’installation d’un régime fasciste qui peut conduire au génocide. Les mots sont-ils comme les actes ?

Donald Trump, 15/09/2020
Donald Trump, 15/09/2020 Crédits : SAUL LOEB - AFP

L'invitée du jour :

Susan Brison, philosophe et professeure de philosophie à Dartmouth College aux Etats-Unis

Discours de haine

Trump a parlé des immigrés mexicains comme des gens mauvais, des violeurs, il ne se contente pas de les déshumaniser, ce discours de haine vilipande des communauté, il les distingue comme des personnes dangereuses. Les nazis décrivaient ainsi les Juifs comme de la vermine, comme des cafards, une sorte d’infestation qui allait gagner la population si on ne les exterminait pas. Au Rwanda, on appelait les Tutsis des serpents ou des cafards. Donc ce n’est pas seulement une façon de dire qu’on n’aime pas ces gens, qu’ils nous sont inférieurs, mais une façon de dire qu’il faut les tuer avant que eux nous tuent.                
Susan Brison

La parole peut nuire

Nous devons tous prendre conscience de l’effet du discours de haine, le philosophe J.L. Austin a publié, en 1962, "Quand dire, c'est faire" sur l’impact du langage, on fait des choses avec les mots, on ne se contente pas juste de réfléchir. Aux Etats-Unis, jusqu’à récemment, à l’exception de quelques théoriciens critiques de la race, et quelques théoriciens féministes, les gens ont eu tendance à penser que la parole c’était de la pensée plutôt que liée à l’action aux actes. Même au titre du premier amendement, aux Etats-Unis on a quand même des lois qui restreignent la liberté d’expression, il y a certains types de fausses publicités, de mensonges qui sont interdits par la loi, ce qu’on signifie bien que la parole peut nuire.          
Susan Brison

Merci à Marguerite Capelle pour la traduction simultanée

Texte lu par Bernard Gabay :

  • Extrait de De la liberté, de John Stuart Mill, 1859, traduit de l'anglais par Laurence Lenglet (avec une musique de Joseph Haydn, Sonate n°33 en ut mineur Hob XVI : 20 / Moderato)

Sons diffusés :

  • Archive de Trump racontant le poème du serpent, 29/04/2017, CBS
  • Archive de Trump, 16/05/2018, table ronde sur les villes sanctuaires et les lois d'immigration
  • Archive de Trump, 05/09/2020, Democracy Now !
  • Chanson de fin : Childish Gambino, This is America
Chroniques
10H52
4 min
La Chronique d'Aurélien Bellanger
Le sommeil est-il la drogue la plus puissante de toutes ?
Intervenants
  • philosophe et professeure de philosophie à Dartmouth College aux Etats-Unis
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