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Je mange donc je suis
Épisode 3 :

"Sans lard, point de roman"

58 min
À retrouver dans l'émission

"Sans lard, point de cuisine" affirme Alexandre Dumas, et pour l'écrivain Mathias Enard, "sans lard, point de roman" ! Comment la littérature se nourrit-elle de gastronomie ? Que les festivités commencent, en compagnie d'Alexandre Dumas, Marcel Proust, Rabelais et Platon.

"Sans lard, point de roman"
"Sans lard, point de roman" Crédits : copyright Charlotte Mo

Dessin de l'illustratrice Charlotte Mo : Insta @charlottemagicmo et Portfolio

"Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas" écrit Victor Hugo, à qui il est difficile de donner tort, surtout en ce moment où fleurissent les déclarations d'amour à la littérature, désignée meilleur viatique par temps troublé.
Mais jusqu'où tient vraiment la comparaison entre cuisine et littérature ? Quel type de nourriture nous fournit le texte ? Y a-t-il des romans gras, plein de lard, et d'autres secs et diététiques ? La littérature est-elle la métaphore de la cuisine en cuisine ou au contraire, notre gourmandise est-elle l'expression de notre plus haute humanité ?

L'invité du jour :

Mathias Enard, écrivain et producteur de l’émission La Salle des machines, tous les dimanches à 17h sur France Culture

Un roman sans gras ? Est-ce possible ?

Je me suis demandé ce que serait le rapport entre roman et cuisine… Le roman étant le genre littéraire dans lequel on peut mettre le plus d’ingrédients. Quel type de cuisine serait l’écriture d’un roman ? Dans une vision un peu baroque des choses, est-ce que ce qui fait le roman, ce n'est pas le gras, dans le sens de l’ornement ? Aujourd’hui, je pense que ce serait plutôt la liaison… comme on parle en cuisine de lier une sauce, cette liaison me semble indispensable dans un roman, plus que le gras, l’excès. Mais en tant que lecteur, ce que j’aime ce sont les digressions, qui seraient un peu le gras de l’art romanesque…      
Mathias Enard

De la description gastronomique en littérature

Ce qui est fascinant dans la relation entre littérature et cuisine, c’est cette possibilité de la description et de sa grande diversité : descriptions du plat en train de se faire, des gestes de la cuisine, de l'achat des produits, du marché, des produits encore crus, de leur préparation, les différents verbes extrêmemement techniques, descriptions de la cuisine, du plat sur la table, descriptions de ce qu’on mange, puis descriptions de ce que l’on ressent au moment où on ingère ! Dans tous ces domaines, Proust, comme auteur gastronomique, est magique ! Dans la "Recherche", les personnages passent leur temps à souper, dîner, il y a énormément de récits de repas, mais peu de visions en cuisine, comme ce boeuf en gelée de Françoise.    
Mathias Enard

Textes lus par Denis Podalydès :

  • Extrait du Grand Dictionnaire de cuisine, d'Alexandre Dumas, chapitre Elephant, 1873 (avec une musique de Camille St Saens, L’éléphant, interprété par Michel Dalberto au piano)
  • Extrait d'À l’ombre des jeunes filles en fleur, de Marcel Proust, 1919, éditions Gallimard (avec une musique de Haydn, Symphonie n°64, chef d'orchestre : Adam Fischer)

Sons diffusés :

  • Archive de Jean Giono sur le sel, 18 octobre 1965
  • Archive de Céleste Albaret, servante dévouée de Marcel Proust, 1949
  • Extrait de Gargantua, de Rabelais, 1534, lecture de Philippe Noiret, 2001, Label Fremeaux
  • Extrait du Banquet, de Platon, traduction de Léon Robin et M. J. Moreau, lecture de Michel Aumont
  • Chanson de fin : Henri Salvador, Rock and Roll Mops

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