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Actéon
Épisode 2 :

Un texte politique ?

52 min
À retrouver dans l'émission

En quoi Ovide, qui chante les métamorphoses de personnages mythiques, est-il critique du pouvoir ? Découvrez les récits de métamorphoses sous un angle politique, aujourd'hui.

Actéon
Actéon Crédits : Jean-Luc Ramond

(1ère diffusion le 28/03/2017)

Lorsqu'il représente Jupiter sous la forme d'un taureau blanc, il se moque discrètement de l'empereur Auguste. C'est en cela que les Métamorphoses peuvent être dites politiques : le poète vide les mythes du contenu idéologique que l'empereur voudrait leur donner.

Le texte du jour

« Le père souverain des dieux, dont la dextre est armée

D’un triple feu, et qui d’un signe ébranle l’univers,

Revêt l’apparence d’un taureau, se mêle au troupeau,

Mugit et, sur le tendre herbage, exhibe sa beauté :

Il est aussi blanc que la neige qu’aucun passant n’a

Foulée d’un pied grossier, ni l’Auster imbibée de pluie ;

Son cou est musculeux ; son fanon pend jusqu’aux épaules ;

Ses cornes, certes petites, semblent l’œuvre d’un orfèvre,

Plus transparentes qu’une gemme de la plus belle eau.

Son front n’est pas menaçant, ni son regard redoutable.

Tous ses traits expriment la paix. La fille d’Agénor

S’émerveille qu’il soit si beau et si peu agressif ;

Mais, si doux soit-il, elle a d’abord peur de le toucher.

Bientôt, elle s’approche, tend des fleurs au mufle blanc.

L’amant, joyeux, en attendant le plaisir qu’il escompte,

Lui baise les mains — qu’il a du mal à s’en tenir là !

Tantôt il folâtre et bondit sur l’herbe verdoyante,

Tantôt, sur le sable fauve, il pose son flanc de neige.

Peu à peu, la peur la quitte. Il donne alors son poitrail

A flatter à la jeune fille, ses cornes à orner

De nouvelles guirlandes ; la jeune princesse osa même,

Sans savoir ce qu’elle faisait, s’asseoir sur le taureau.

Insensiblement, le dieu quitte alors la terre ferme,

Commence par plonger dans les flots ses sabots trompeurs ;

Puis il gagne le large, emportant par la pleine mer

Sa proie. Elle a peur ; derrière elle, elle voit s’éloigner

La côte. Une main tient une corne, l’autre est posée

Sur l’échine ; ses vêtements ondoyants flottent au vent. »

- Ovide, Les métamorphoses, II 836-875 trad.Jean-Luc Lévrier

Lectures

- Ovide, Les métamorphoses, II 836-875 trad.Jean-Luc Lévrier

- Ovide, Les métamorphoses, II 502-524 trad.Jean-Luc Lévrier

- Ovide, Tristes, III 8, 24-34, trad.Jean-Luc Lévrier

Extrait

- Benoît Hamon sur Emmanuel Macron

Références musicales

- Brassens, A mon frère revenant d’Italie

- Claude Debussy, Danse profane pour harpe et orchestre

- Shui Long, Concerto pour flûte de bambou. Adagio cantabile

- Jean-Philippe Rameau, Aux langueurs d’Apollon

- Rachmaninov, Etude-tableau en sol mineur

Jean-Luc Lévrier
Jean-Luc Lévrier Crédits : MC - Radio France

Informations complémentaires

Site photographique de Jean-Luc Ramond : www.ramond-photo.odiapo.com

A paraître à l’automne 2017 : la traduction des Tristes, Editions Sables

Le blog des amis d'Ovide: ovidii-amici.blogspot.fr

Bibliographie

Intervenants
  • professeur de latin en classes préparatoires aux grandes écoles littéraires Lycée Saint-Sernin à Toulouse
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