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Vénus et Adonis
Épisode 3 :

Les passions des dieux

51 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui nous allons parcourir le destin de ces hommes qui croisent le chemin des Dieux, en compagnie d'Hélène Casanova-Robin.

Vénus et Adonis
Vénus et Adonis Crédits : Hendrik Goltzius

Ovide s'accorderait probablement avec Brigitte Fontaine en affirmant que les Dieux sont dingues : qu'ils soient amoureux, colériques ou jaloux, ils agissent toujours passionnellement. Dans les Métamorphoses, les hommes sont toujours punis ou bénis de manière injuste, ou du moins injustifiée. Mais dans ce cas, quelle différence entre les dieux et les hommes, si les uns comme les autres sont victimes du hasard ?

Le texte du jour

« Il arriva que les chiens, ayant suivi exactement la trace d’un sanglier, le firent lever de sa bauge et il allait sortir de la forêt lorsque Adonis, fils de Cinyras, le perça d’un coup oblique. Aussitôt, l’animal, avec son boutoir recourbé, fait tomber l’épieu teint de son sang ; Adonis tremble et cherche un abri ; mais le sanglier farouche le poursuit, lui plonge dans l’aine ses défenses toutes entières et l’étend moribond sur le sable fauve. Portée à travers les airs sur son char léger, Vénus n’était pas encore parvenue à Chypre, où la conduisaient les ailes de ses cygnes, lorsqu’elle reconnut de loin les plaintes du mourant et ramena vers lui les blancs oiseaux. Du haut des airs, elle l’aperçoit, privé de connaissance, se roulant dans son propre sang. Aussitôt elle saute à terre, elle arrache les voiles de son sein, elle arrache ses cheveux et se meurtrit la poitrine de ses mains si peu faites pour ce rôle. Accusant les destins : « Non, dit-elle, tout ne sera pourtant pas soumis à votre loi, il subsistera à jamais un souvenir de ma douleur, ô mon Adonis ; la scène de ta mort, périodiquement représentée, rappellera chaque année mes lamentations ; et puis ton sang sera changé en une fleur. Quoi ! Perséphone, tu as pu jadis faire d’un corps de femme la menthe odorante et moi je serais blâmée, si je donne à ce héros, fils de Cinyras, une forme nouvelle ? » A ces mots, elle répand sur le sang du jeune homme un nectar embaumé. A ce contact, il bouillonne comme les bulles transparentes qui, du fond d’un bourbier, montent à la surface de ses eaux jaunâtres. Il ne s’est pas écoulé plus d’une heure que de ce sang naît une fleur de même couleur, semblable à celle du grenadier, qui cache ses graines sous une souple écorce ; mais on ne peut en jouir longtemps ; car mal fixée et trop légère, elle tombe, détachée par le vent. »

- Ovide, Les métamorphoses , Livre 10 (Gallimard/ Folio Classique, 1992) p.346-347

Lectures

- Ovide, Les métamorphoses , Livre 10 (Gallimard/ Folio Classique, 1992) p.346-347

- Ovide, Les métamorphoses , Livre 14 (Gallimard/ Folio Classique, 1992) p.446-447

Extrait

- Acteon et Diane (Source « Soirée de Paris » à France Culture (03/02/1967)

Références musicales

- Brigitte Fontaine, Les dieux sont dingues

- Debussy, 6 épigraphes antiques L131 : pour que la nuit soit propice

- Lightwave, De motu pendulum

- Debussy, Khamma

Hélène Casanova-Robin
Hélène Casanova-Robin Crédits : MC - Radio France

Chroniques

10H50
2 min

Deux minutes papillon

"A voté. Une histoire de l'élection" de Laurent Le Gall
Intervenants
  • professeur de littérature latine à l’Université Paris-Sorbonne, spécialiste de poésie latine
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