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Shirley: Visions of reality, Edward Hopper
Épisode 4 :

Les nuits blanches de Levinas

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi est-il si déstabilisant de ne pas trouver le sommeil quand on est épuisé ? Est-ce notre conscience qui nous empêche de sortir de l'être ? Olivier Abel nous éclaire.

Shirley: Visions of reality, Edward Hopper
Shirley: Visions of reality, Edward Hopper Crédits : KGP KRANZELBINDER GABRIELE PRODU / ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12 - AFP

« La veille est anonyme. Il n’y a pas ma vigilance à la nuit, dans l’insomnie, c’est la nuit elle-même qui veille » se murmurait Levinas les soirs où il ne pouvait pas dormir. Olivier Abel nous parle de ces nuits où nous ne trouvons pas le sommeil. 

Textes

Emmanuel Levinas, De l’existence à l’existant, 1947

Franz Kafka, Nocturne (1920), dans La muraille de Chine  – Œuvres Complètes, t. II, traduction Claude David et Marthe Robert, p. 569-570

Emmanuel Levinas, Le Temps et l’Autre, p. 27

L’insomnie est faite de la conscience que cela ne finira jamais, c’est à dire qu’il n’a aucun moyen de se retirer de la vigilance à laquelle on est tenu. Vigilance sans aucun but. Au moment où on y est rivé, on a perdu toute notion de son point de départ ou de son point d’arrivée. Le présent, soudé au passé, est tout entier héritage de ce passé ; il ne renouvelle rien. C’est toujours le même présent ou le même passé qui dure. Un souvenir — ce serait déjà une libération à l’égard de ce passé. Ici le temps ne part de nulle part, rien ne s’éloigne ni de s’estompe. Seuls les bruits extérieurs qui peuvent marquer l’insomnie, introduisent des commencements dans cette situation sans commencement ni fin, dans cette immortalité à laquelle on ne peut pas échapper, toute semblable à l’il y a, à l’existence impersonnelle. Vigilance, sans refuge d’inconscience, sans possibilité de se retirer dans le sommeil comme dans un domaine privé. Cet exister n’est pas un en-soi, lequel est déjà la paix ; il est précisément absence de tout soi, un sans-soi. 

Archives

Les Chemins de la connaissance, 4 mars 1981, Avec Philippe Némo

Souvenir d’enfance : Levinas se rappelle les insomnies qu’il avait dans sa jeunesse, et d’avoir entendu, dans le silence de sa chambre, comme une présence abstraite, celle des choses… 

Les Chemins de la connaissance, 4 mars 1981, avec Philippe Némo

Levinas donne une définition de ce qu’il appelle la « vigilance de l’il y a » et du sentiment d’impersonnalité auquel donne lieu l’insomnie. 

Chansons

The Beatles, I’m so tired (1968)

Barbara, Les Insomnies (1981)

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Intervenants
  • philosophe, professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Montpellier, créateur du Fonds Ricoeur
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