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Robert Hirsch (Tartuffe) et Claude Winter (Elmire) dans Tartuffe mise en scène de Jacques Charon (Comédie Française, 1968)
Épisode 1 :

Le Tartuffe ou l’imposteur de Molière

57 min
À retrouver dans l'émission

"Le pauvre homme!" répète Orgon alors qu'on lui décrit Tartuffe "gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille"...

Robert Hirsch (Tartuffe) et Claude Winter (Elmire) dans Tartuffe mise en scène de Jacques Charon (Comédie Française, 1968)
Robert Hirsch (Tartuffe) et Claude Winter (Elmire) dans Tartuffe mise en scène de Jacques Charon (Comédie Française, 1968) Crédits : AFP

L'imposture est un ressort comique majeur chez Molière, qui s'illustre ici par la rencontre entre l'appétit vorace de Tartuffe dissimulé sous un voile de vertu, et la cécité complète d'Orgon à son égard et ses espoirs pieux. L'imposteur sera-t-il démasqué avant de conduire toute la famille à la ruine et au déshonneur?

Le texte du jour

Certaines Nations avisées ont eu jusqu’ici la sagesse de laisser libre cours à la folie des gens et de ne jamais punir avec sévérité ce à quoi l’on pouvait répondre par le rire, ce que cet innocent remède guérissait après tout le mieux du monde. Il y a chez les êtres humains certaines humeurs qui doivent nécessairement s’épancher. L’esprit comme le corps de l’homme sont tous deux sujets aux commotions, et de même qu’il y a dans le sang d’étranges ferments qui provoquent dans de nombreux corps des décharges extraordinaires, il y a aussi dans la raison des particules hétérogènes qui doivent être évacuées par le biais de la fermentation.  (…) [N]ous pouvons qualifier de panique toute passion élevée dans la multitude et qui se transmet par l’aspect ou, pour ainsi dire, par contact ou sympathie. Ainsi on peut qualifier de panique la fureur populaire, lorsque la rage des gens, comme nous en avons eu l’expérience, les met hors d’eux-mêmes, tout particulièrement là où la religion s’en est mêlée. Dans cet état, leurs regards trahissent déjà l’infection. La fureur vole de visage en visage et la maladie sitôt aperçue, est attrapée. Ceux qui, dans un état d’esprit plus serein, ont vu le pouvoir de cette passion s’exercer sur une multitude, ont reconnu avoir vu quelque chose de plus épouvantable et de plus terrible dans le visage de ces hommes que ce qu’ils ont pu voir à d’autres moments s’exprimer dans les circonstances les plus passionnées. Car telle est la force de la société sur les passions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, et une affection est d’autant plus forte qu’elle est sociale et communicative. 

Shaftesbury, Lettre sur l’enthousiasme, [1707], Claire Crignon-De Oliveira Trad. Classiques de Poche, 2002. 

Lectures cette semaine: Vincent Schmitt

Extraits

Molière, Tartuffe, Acte I, Scène 4. Orgon, Cléante, Dorine

Molière, Tartuffe, Acte I, Scène 5. Orgon, Cléante

Molière, Tartuffe, Acte I, Scène 5. Cléante, Orgon

Références musicales

Couperin, Les Nations 4ème ordre, La Piémontoise: Rondeau

Bob Marley, Hypocrites

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