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"Achille rêvant tente de saisir l'ombre de Patrocle", Johann Heinrich Füssli, 1803
Épisode 3 :

Masculin/féminin : les larmes ont-elles un sexe ?

59 min
À retrouver dans l'émission

L’ « Iliade » d'Homère est une véritable épopée sanglante où les plaies se mêlent aux larmes. Car c'est à cela, entre autres, que l'on reconnaît un guerrier : celui qui sait se battre sait aussi pleurer... Écoutons ce qu'Homère nous dit du héros et de la virilité.

"Achille rêvant tente de saisir l'ombre de Patrocle", Johann Heinrich Füssli, 1803
"Achille rêvant tente de saisir l'ombre de Patrocle", Johann Heinrich Füssli, 1803 Crédits : DEA PICTURE LIBRARY - De Agostini Editorial - Getty

Troisième temps de notre série consacrée à l'Iliade d'Homère.

Dans la société décrite par l’Iliade, les émotions, la colère, sont le fil rouge du récit.
Les hommes pleurent parce que le fait d’exprimer ses sentiments est tout à fait compatible avec l’idée d’être un homme viril, le désir de combattre s’inscrivant sur le corps…
Néanmoins, si les frontières des codes se brouillent, les femmes quant à elles restent contraintes à la passivité, elles ne font pas la guerre et ne sont pas des héros.

L'invitée du jour :

Hélène Monsacré, helléniste, éditrice chez Albin Michel et Les Belles Lettres, autrice des Larmes d’Achille : héros, femme, souffrance chez Homère aux éditions Le Félin.

Les plus grands héros pleurent

Les héros pleurent avec force à peu près de la façon qu’ils ont de combattre, avec la même puissance. L’ « Iliade » montre la force du guerrier, son ardeur au combat, sa prestance, sa puissance, qu'on retrouve dans la façon de pleurer.            
Achille, le plus grand héros dans la démesure absolue, qui réussit les exploits les plus fous et les plus violents, pleure sur sa destinée quand il ne combat pas.            
Hélène Monsacré

Sanglots et virilité

Dans ce poème guerrier, les hommes sont à la tâche. Il y a tout un code d’honneur qui commande de montrer sa force. Est-ce contredit de la montrer en pleurant ? Je pense que non et que le poème montre bien que lorsqu’Achille pleure il est certes hors du combat mais en proie à une telle force, il dégage une telle violence que ce sont ses qualités propres de super-héros dont il fait la démonstration. C’est beau de voir que dans un grand poème guerrier très ancien, le fait d’exprimer ses sentiments pour un homme, jusqu’à sangloter, est compatible avec l’idée d’être un homme très viril.            
Hélène Monsacré

Textes lus par Georges Claisse

  1. Poséidon au secours des Achéens, dans l'Iliade d'Homère, Chant XIII, v. 60-82, traduction de Paul Mazon, éditions Les Belles Lettres, 2007
    Sur une musique de Jean Sibelius, Suite Lemminkäinen
  2. Les larmes d'Achille, dans l'Iliade d'Homère, Chant XVIII, v. 16-38, traduction de Paul Mazon, éditions Les Belles Lettres, 2007
    Sur une musique de Erwin Schulhoff, Variations et fugue sur un thème original dorian

Sons diffusés 

  • Chanson du début : The Cure, Boys don't cry
  • Extrait de l'Iliade d'Homère, Chant III, v. 370-447, interprété par Guy Moign, livre audio éditions Livraphone, 2002
    Suivi d'un extrait du film Hélène de Troie de Robert Wise, 1956
  • Extrait de l'Iliade d'Homère, Chant XXIV, v. 5-30, interprété par François Chaumette sur France Culture, Poésie sur parole, 16/12/1989
    Sur une musique de Debuyss, Prélude à l'après-midi d'un faune
  • Chanson de l'opéra de Jacques Offenbach, La Belle Hélène

Chroniques

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