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Sigmund Freud en 1932
Épisode 2 :

« Je suis celui qui a lu Freud »

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment considérer l'apport freudien dans le travail de Lacan ? Quelles sont ses propres grandes contributions à la psychanalyse ?

Sigmund Freud en 1932
Sigmund Freud en 1932 Crédits : ullstein bild / Contributeur - Getty

Lacan décrit la psychanalyse en des termes assez étonnants. Il parle d’une expérience unique, au demeurant assez abject, dit-il, mais qui ne saurait être trop recommandée à ceux qui veulent s’introduire aux principes des folies de l’Homme. Car pour se montrer parente de toute une gamme d’aliénations, elle les éclaire. Voici le rôle et la fonction de la psychanalyse pour Lacan à la suite de Freud. Approfondissement avec le psychanalyste et philosophe Paul-Laurent Assoun.

L'invité du jour : 

Paul-Laurent Assoun, psychanalyste, professeur à l'université de Paris VII, et membre de l'UMR CNRS psychanalyse et pratiques sociales

« Freud, incompris fût-ce de lui-même »

Le retour à Freud, c’est le retour au sens de Freud. La conviction de Lacan c’est que le message de Freud n’a pas eu la réception qu’il méritait, qu’on n’a pas été à la hauteur de cette expérience de langage. C’est banal de dire que psychanalyse n’est que langage, mais d’une certaine façon la psychologie, notamment anglo-saxonne, revient à centrer sur les processus du moi, là où il s’agit essentiellement du langage. Et c’est en un sens ambiguë car le retour, ce n’est pas le retour à la case départ. Lacan dit tout de même : « Freud, incompris fût-ce de lui-même ». Ce qui signifie que Freud n’aurait pas totalement comprit la portée de la révolution qu’il produisait. Et c’est pourquoi Lacan est nécessaire. Paul-Laurent Assoun

Une langue rigoureuse 

Lacan est le traducteur de Freud, mais il faut retraduire Lacan ensuite. Car la langue de Lacan est comme une langue étrangère, quand vous ne la connaissez pas elle est opaque, mais quand vous la connaissez, vous vous demandez comment est-ce que vous avez fait pour ne pas la comprendre tout de suite. Parfois, il écrit trop bien pour être compris immédiatement, c’est le paradoxe d’une langue extrêmement rigoureuse. Paul-Laurent Assoun

Le sujet et sa vérité 

Lacan pose le gros mot de « vérité » à une époque où certains jouent le jeu de discréditer la psychanalyse comme une sorte de fiction. Il affirme, expériences à l’appui, que l’analyse a affaire à la vérité. Mais naturellement pas la vérité elle-même, sinon on serait dans la paranoïa. La vérité en tant qu’elle est astreinte au langage et au sujet. Au sujet parlant qui lui-même est divisé entre le savoir qu’il a de lui et sa vérité. Lorsque nous sommes analystes, nous avons sur les bras un très gros morceau de vérité humaine. C’est une anthropologie vivante, concrète. Le sujet prend toute sa valeur à partir du moment où il se confronte à cette division interne, ce qui produit naturellement du symptôme. Le symptôme n’est pas au sens médical d’une dysfonction, d’une lésion, c’est le retour de la vérité du sujet. Paul-Laurent Assoun

Sons diffusés : 

  • Extrait de la conférence donnée par Jacques Lacan le 20 mai 1976 
  • Archive de l'émission Les après-midi de France Culture, diffusée le 25 juillet 1973
  • Musique de Francis Poulenc, Fête donnée par des chevaliers
  • Chanson Satisfaction par Otis Redding

Texte lu par Vincent Schmitt : 

  • Jacques Lacan, "Le stade du miroir" dans Ecrits I, Seuil, 1966, p. 89 et 90 

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

Des nouvelles du problème corps-esprit

Bibliographie

LacanPaul-Laurent Assounpuf, collection Que sais-je ?, 2019

Intervenants
  • psychanalyste, professeur émérite à l'Université Paris 7, membre du Centre de recherches psychanalyse, médecine et société
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