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Peinture représentant Jacques Lacan
Épisode 4 :

La psychanalyse à l'école de la littérature

59 min
À retrouver dans l'émission

Le monde, pour Freud et pour Lacan, est organisé autour d’un objet perdu, d’un objet qui me manque, qui n’est pas là mais qui organise en retour ma vie psychique. Cet objet, Lacan l’appelle « la Chose ». Eric Marty nous éclaire.

Peinture représentant Jacques Lacan
Peinture représentant Jacques Lacan Crédits : Thierry Erhmann/ Flickr

L'invité du jour : 

Eric Marty, écrivain et professeur de littérature française à l’Université Paris Diderot-Paris 7

« La Chose » 

Pour Lacan « la Chose » est le corps de la mère. C’est comme ça qu’il le définit de manière minimale, donc ce à quoi on ne doit pas avoir accès. Mais au-delà de cette image, « la Chose » renvoie à toutes sortes de choses effrayantes et du même coup je dirais mythologiques. Lacan est dans un univers que le structuralisme a programmé pour écarter précisément des lectures mythiques, imaginaires, ésotérique etc. La chose fait ressortir par les coulisses l’innommable, l’impossible, des choses qui font peur, qui sont du côté du secret du sujet, qui sont dans une forme d’au-delà. D’où d’ailleurs une certaine imprécision conceptuelle de Lacan par rapport à ça. La chose est un au-delà du système. Tout marche très bien sans « la Chose ». Eric Marty

L'écrivain comme résistant à l'analyse

La littérature est parfois ce qui bloque précisément l’interprétation. L’écrivain est une figure qui peut apparaître comme ce qui bloque le programme psychanalytique. C’est le cas pour aussi bien Gide que Joyce, puisque Lacan en fait des figures qui sont de l’ordre de l’inanalysable, des figures de résistance à l’analyste. L’une des dimensions du rapport de Lacan à la littérature est : en quoi la littérature peut interdire certaines choses, peut empêcher de dire, et donc oblige à penser autrement, à déplacer les choses. Eric Marty

La « lituraterre » 

La « lituraterre » est une sorte de pourrissement de la littérature. Mais un pourrissement heureux. Je crois que pour Lacan, le livre produit par littérature est du côté du semblant. Et ce que veut Lacan c’est accrocher ce livre à la poubelle. Il renvoie l’écriture authentique, en tout cas qui ne tomberait pas dans ce semblant de la littérature, à une  « lituraterre »  qui par cette chute dans la poubelle, esquiverait ce destin un peu bourgeois, un peu banal, un peu inauthentique précisément qu’est le livre. La « lituraterre » échappe à la facticité du livre. Eric Marty

Sons diffusés : 

  • Extrait du film The thing, réalisé par John Carpenter,1982
  • Extrait de l'émission en deux parties de la collection Un certain regard diffusée le 09 mars 1974 
  • Musique d'Erik Satie, Prélude du nazaréen 
  • Chanson Sade song de Brad Scott

Textes lus : 

  • Edgar Allan Poe, "La lettre volée" dans Œuvres en prose, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1932, pp. 47-48 
  • André Gide, "Corydon" dans Romans et Récits, Tome II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2009, p. 68 et p. 83 
  • Marquis de Sade, "Histoire de Juliette" dans Œuvres, Tome III, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1998

Chroniques

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5 min

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Intervenants
  • Ecrivain et professeur de littérature française à l’Université Paris Diderot-Paris 7
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